Révolution tunisienne : la deuxième phase a commencé

Je ne me souviens pas si c’est dans une publication locale ou internationale que j’ai été frappé par le titre d’un article relatif à la rencontre secrète de Béji Caïed Essebsi et Rached Ghannouchi à Paris, révélée au grand public le I9 courant. Ce titre était Quand deux prédateurs se rencontrent et l’article révélait les dessous de cette rencontre et de ce lieu inattendus.

«Prédateur» : le mot est brutal, trop fort, car il s’applique aussi bien à «un animal qui se nourrit de proies qu’il a tuées» qu’à «une personne ou un groupe qui s’impose par la violence»(définition du Larousse). Or à mon avis rien ne peut permettre d’attribuer à Si El Béji des actes de prédation, même si des actes de violence ont été commis à l’encontre d’opposants (assassinats des martyrs Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi, agressions de la part des milices…) rien ne peut attribuer directement ces actes au cheikh Rached. Les mots ont un poids et il faut les employer à bon escient.

La situation est claire : les deux intéressés sont les figures de proue de deux courants — islamiste et démocratique — qui se disputent, souvent par personnes interposées, la direction de la Tunisie. Le jour où ces leaders hauts en couleurs, qui se connaissent et se combattent depuis des décennies, arriveront à se mettre d’accord, l’avenir s’éclaircira pour la Tunisie. Mais on en est de plus en plus loin, car le cri «erraheel» (dégage) qui a fait fuir Ben Ali et sa clique me semble insuffisant pour avoir le même résultat sur les islamistes. Car il s’agit, là encore, de remplacer un gouvernement par un autre, mais aussi et surtout, une conception et une qualité de vie par une autre ! Car c’est plus difficile et chaque tendance s’accroche à ses idées et à ses acquis.

On avait pensé qu’avec l’élection de l’ANC une Constitution serait prête en une année, que de nouveaux scrutins (honnêtes et transparents comme celui du 23 octobre 2O10, grâce à Kamel Jendoubi et à son ISIE) auraient lieu, apportant un nouveau gouvernement et une Assemblée qui auraient à mener la Tunisie vers son avenir… Mais l’année prévue s’est transformée en années : l’ANC mise «au four et au moulin» n’a pas pu terminer le projet de Constitution — la majorité s’opposant farouchement à tout ce qui lui paraissait trop éloigné de ses conceptions rétrogrades —, l’ISIE nouvelle n’a pas vu le jour et le scrutin qui aurait peut-être pu permettre une alternance du pouvoir est renvoyé aux calendes grecques. Le résultat a été la fronde d’une grande partie des élus du bloc démocratique et le sit-in qu’ils organisent sur la place du Bardo depuis près d’un mois maintenant, le blocage est total. Pour sortir de l’ornière, il faut de la bonne volonté des deux côtés et seuls Caïed Essebsi et Ghannouchi ont la stature nécessaire pour tenir leurs partisans ; il faut des négociations sincères avec l’arbitrage de l’UGTT et de l’UTICA (qui, devant le danger de faillite de l’économie tunisienne, vient d’entrer en lice) et avant tout la dissolution des «ligues de protection de la Révolution» qui ne sont que des milices aux ordres de certains dirigeants de la majorité et qui, par leurs violences, rendraient impossible la tenue d’élections honnêtes. De son côté l’opposition devrait faire connaître la composition de son fameux ministère de remplacement, formé de technocrates neutres et qui ne se présenteraient pas aux prochaines élections législatives et dont on parle sans le voir comme l’Arlésienne ou Le désert des Tartares. Pendant ces négociations, l’ANC terminerait le projet de Constitution en le débarrassant des articles qui y ont été ajoutés irrégulièrement, achèverait la commission de la nouvelle ISIE à qui il ne manque qu’un 9e membre… Sinon, avec le «sit-in du Départ», qui a commencé samedi soir au Bardo et qui va s’étendre à toutes les villes de la Tunisie, et auquel s’ajoutera la campagne de «désobéissance civile» lancée par le journaliste et militant Tahar Ben Hassine» il y a quelques jours, on peut s’attendre à une situation ingérable, même si le Front du Salut a donné à ses partisans des instructions très strictes pour éviter toute violence ! Alors, évitons «d’aller dans le mur» ! 

 

Ben Jaafar persiste et signe : dans les coulisses du Conseil national extraordinaire d’Ennahdha, le président de l’ANC, interpellé par un participant, aurait déclaré :

«Personne ne peut me mettre à genoux, Bourguiba n’a pas pu le faire… Quant au fauteuil de président de l’Assemblée, je n’y tiens pas.»

Mustapha Ben Jaafar retrouve donc son punch du temps où il combattait les régimes précédents. Il s’est présenté plusieurs fois à l’élection présidentielle contre Bourguiba et Ben Ali. L’avenir nous dira s’il persiste dans cette forme, ce qui pourrait laisser penser la création d’un nouveau Front centriste composé de légitimistes d’Ettakatol (ceux qui sont restés à ses côtés), de l’Alliance démocratique de Mohamed Hamdi, d’Al Moubadara de Kamel Morjane et du Mouvement du Tunisien libre de Tahar Ilahi.

Il s’agirait d’une instance provisoire créée pour participer aux négociations tous azimuts en cours et soutenir le prochain gouvernement. 

 

Raouf Bahri

 

Cosmogonie

Les sept cieux

Nous avons vu dans une précédente livraison que parmi les effets provoqués par le Big Bang, il y eut le dégagement d’un volume incommensurable de vapeur d’eau provoqué par la traversée de milliards de milliards de tonnes de roches incandescentes, d’un milieu glacial sous la poussée du souffle, comparable à l’effet produit par un fer chauffé à blanc que l’on plonge dans l’eau. Allah dit “Il s’est ensuite adressé au ciel qui était alors fumée, et lui dit ainsi qu’à la terre, Venez tous deux bon gré, mal gré. Tous deux dirent Nous venons obéissants” S41,V11

Il y a un seul Univers et sept cieux, comment cela ? Tout comme un tremblement de terre de forte intensité, le Big Bang a connu six répliques, que nous appellerons “Little Bangs”, chaque déflagration a eu des effets propres. Allah fit du Big Bang sept cieux, la création première, et six répliques “Il décréta d’en faire sept cieux en deux jours, et révèle à chaque ciel sa fonction. Et nous avons décoré le ciel plus proche de lampes (étoiles) et l’avons protégé” S41,V12, nous avions vu en quoi consistait cette protection, ces “Little Bangs” ont pris deux jours cosmiques, soit cent mille ans de ce que nous comptons.

Quant au rayonnement fossile paru au 7e jour de la création, soit 350.000 ans après le Big Bang, si on se réfère au “voyage nocturne” S17, qui porta notre prophète bien aimé de la Mecque à Jérusalem et au récit du passage par les cieux, ce rayonnement serait dû à un diamant géant dans un cocon de silice fondue puis solidifiée (cristal) qui capte le plus petit soupçon de lumière de l’univers, pour le réfléchir en le multipliant x fois “Allah est la Lumière des cieux et de la terre. Sa lumière est semblable à une niche où se trouve une lampe. La lampe est dans (un récipient de) cristal, et celui-ci ressemble à un astre de grand éclat, son combustible vient d’un arbre béni : un olivier ni oriental, ni occidental, dont l’huile semble éclairer sans même que le feu la touche. Lumière sur lumière. Allah guide vers Sa lumière qui, Il veut. Allah propose aux hommes des paraboles et Allah est Omniscient” S24,V35. Ainsi le rayonnement n’est pas un astre en fusion comme le soleil.

 

L’Art de la guerre

Ce qui suit est de Sun Tzu chroniqueur du Ve siècle av.- J.C.. En l’adaptant un peu, on pourrait croire que nos politiciens appliquent ses consignes inconsciemment, comme M. Jourdain, qui faisait de la prose sans le savoir : “L’art le plus consommé consiste à briser la résistance de l’ennemi sans combat sur le champ de bataille. La méthode directe de la guerre est nécessaire seulement sur le champ de bataille, mais c’est seulement la méthode indirecte qui peut conduire à une véritable victoire, et consolider cette dernière.”

“Désagrégez tout ce qui est bon chez l’adversaire, impliquez les représentants des classes politiques dans des opérations criminelles, sapez à tous égards leurs prises de position et leur manière de voir, livrez-les en proie à la honte publique, de la part de leurs concitoyens. Utilisez le travail des êtres les plus vils et les plus exécrables (milices), apportez par tous les moyens le trouble dans leurs activités, semez la querelle et la discorde entre les citoyens, soulevez les jeunes contre les adultes, procédez par tous les moyens à la destruction de la discipline chez l’adversaire, utilisez les vieilles traditions et les divinités séculaires (la religion). Soyez généreux dans vos offres et dans vos récompenses pour acheter des renseignements ou des complices, mettez partout en place des agents secrets, ne lésinez jamais, ni avec l’argent, ni avec les promesses, car ainsi vous encaisserez des intérêts élevés” Alunissant !

Relisez “Kalila wa Demna, Clément Metternich, et Nicolas Machiavel.

Jamel Eddine Bouachba

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