A mon fils et à ma belle fille adorée

En couverture – HOMMAGE

Par Melika El Beji

 

Il y a plus de sept ans, mon fils m’avait présenté une fille très douce, toujours gaie et l’éducation ? n’en parlons pas. Et quand Dieu avait distribué l’humilité, elle avait tout pris. En mettant de l’ordre dans les papiers de mon fils, deux jours après son enterrement, je découvre que Azza avait un doctorat en droit et sciences politiques. Elle ne s’en est jamais vantée, ni mon fils d’ailleurs, lui, qui est la discrétion même, aurait trouvé son âme jumelle, hélas ! pour peu de temps.

Son éclat de rire vous fait penser à une fontaine aux couleurs pastel mais avec une force intérieure peu commune. Ces derniers jours, j’ai découvert aussi qu’elle militait contre les “arrogants de basse culture”. Je n’ai pas pu m’empêcher de la comparer à un poussin contre des lions et c’est là qu’elle a épuisé toute son énergie. Elle, si rigolotte, si douce, si simple, si cultivée, si éduquée, si belle, si fraîche, si intelligente, si croyante et ne vous étonnez pas qu’elle meure aussitôt ! Une blanche colombe qui a traversé le ciel de notre vie, en laissant derrière elle, une trainée de poudre d’étoiles. Une personne comme elle, n’était pas destinée à vieillir, les anges ne vieillissent pas.

Pleurez pour elle, pleurez pour mon fils, pleurez pour ses parents, pleurez pour moi et pleurez pour la Tunisie.

M.E.B

 

Il gelsomino e il narciso

Un gelsomino e un narciso,

Per puro caso hanno diviso,

Durante la stagione del bel tempo,

L’aria e il terreno di un bel campo

Mentre il narciso nel ruscello si ammirava,

Il gelsomino, meravigliato, dilui s’innamorava

Passo qualche mese soltanto,

Ma un mattino si ruppe l’incanto.

Il narciso , terre fredde e incolte vole va scoprire

Il gelsomino, pianta testarda, lo voleva seguire.

Portava il vento questi tristpropositi

La brezza, tra gli alberi li teneva nascosti :

« Ti sciuperai, se venissi,

Appassirei, se rimavessi.

Ti ghiaccierai setici portassi,

Non Direi se ate mi stringessi.

Ragionerai se rifletessi,

Impazzirei se ci pensassi.

Ti rimprovererai se mi seguissi,

Rimpianti avrei se ti ascoltassi.

Di menticherai se ci provassi,

Dimentichere ? ! Se solo potessi.

Ti stantecheresti se aspetassi ?

Pregherei finche ritornassi.

Non ti scoraggeresti se io prometessi.

Mai ! Se alla parola, non mancassi ».

Le stagioni si seguirono

E i prati rifiorirono,

Il narciso non ritorno, come promesso,

E il gelsomino mori lo stesso

 

M.E.B

 

Témoignage de Abdelkrim Hizaoui*

Qu’il est pénible d’évoquer au passé Azza Turki, mais cette opportunité qui nous est offerte de lui rendre un hommage posthume nous aide à entretenir sa mémoire et à supporter le deuil qui nous est infligé par cette perte cruelle.

J’ai d’abord connu Azza Turki par ses écrits sur les colonnes de Réalités, le  magazine qu’elle a adopté (et réciproquement) alors que son talent pouvait lui ouvrir bien d’autres portes. Ses analyses politiques étaient d’une pertinence et d’une maturité telles que je m’imaginais un auteur plutôt avancé dans l’âge. 

Quelle ne fut ma surprise quand, pour la première fois, j’ai rencontré Azza, venue s’entretenir avec moi sur la situation des médias après la révolution. Elle ressemblait à une étudiante en cours de scolarité, mais dès qu’elle pose ses questions, on s’aperçoit qu’on est en présence d’une professionnelle confirmée, qui a préparé méticuleusement son guide d’entretien et qui maîtrise l’art de la relance. 

Politologue de formation et journaliste par vocation, Azza Turki avait toutes les qualités pour inscrire son nom parmi les journalistes politiques les plus illustres. Le temps ne lui en a pas été donné, mais elle a produit suffisamment d’articles pour justifier que Réalités envisage d’en publier le recueil. Même si le vide qu’elle laisse est difficile à combler, une telle publication constituerait un bel hommage à celle qui fut la plus jeune rédactrice en chef du service politique de Réalités. Paix à ton âme, Azza.

 

directeur du CAPJC

 

Témoignage de l’ambassade de France

Tous ceux qui la connaissaient au sein de l’ambassade de France sont bouleversés par la disparition prématurée d’Azza Turki, qui comptait parmi les meilleurs journalistes de sa génération. Nous lisions tous, avec intérêt, toutes les semaines, ses remarquables articles, qui développaient une analyse fine et précise de l’actualité politique tunisienne.

Azza avait séjourné à Paris, à l’invitation du ministère des Affaires étrangères puis de l’Institut des hautes études de défense nationale. En ces deux occasions, sa personnalité rayonnante, son intelligence, son ouverture d’esprit et son efficacité avaient donné la meilleure image possible de la Tunisie.

Mes collaborateurs se joignent à moi pour assurer la rédaction de Réalités de notre profonde sympathie en ces jours de deuil.

Michel Tarran

Chargé d’affaires a.i.

 

 

Des yeux pétillants  et perspicaces

Par Larbi Chouikha

 

Aussitôt que la douloureuse nouvelle de ta disparition m'est parvenue, j'en étais bouleversé et profondément affligé et ce pour une double raison. D'une part, ma surprise fut de taille en apprenant que toi, cette journaliste aussi courtoise, gracieuse et talentueuse, nous quitte à la fleur de l'âge, à la suite d'une maladie foudroyante et quelques semaines après ton mariage ! Quelle triste et consternante nouvelle qui a mis en émoi tes nombreux amis comme moi, qui t'ont connue, respectée et aimée. D'autre part, tu nous quittes subitement au moment où tes écrits journalistiques se font de plus en plus remarquer par leur pertinence et leur profondeur. En effet, à chaque fois que l'occasion m'échoit de te rencontrer dans le cadre de tes activités professionnelles – que ce soit pendant la campagne électorale d'octobre 2011 comme membre de l'ISIE ou pour aborder avec toi la lancinante question de la réforme des médias au nom de l'INRIC – je découvre en toi une capacité d'écoute, de compréhension et un effort remarquable de synthèse. Tu prends la peine de bien assimiler ton sujet avant de le traiter sous tous ses angles, de vérifier tes sources, de te documenter et tu n'hésites pas a relancer les discussions avec moi à chaque fois que le besoin se fait sentir. Et sincèrement, j'étais toujours satisfait de ta couverture car,  ta rigueur professionnelle, ta culture, tes connaissances, ta formation acquise au cours de tes études à Sciences Po d'Aix en Provence au contact des politologues de renom, t'ont donné une dimension particulière dans ce monde des journalistes francophones. Mais ce plaisir professionnel de collaborer avec toi se confond avec ce plaisir – tout court – que je ressens au contact de ton visage toujours radieux illuminé par des yeux pétillants mais aussi de ta grande modestie et ton dédain pour tous ceux et celles qui s'érigent en "ténors" de la profession. Azza ! Ta fraîcheur et ta curiosité intellectuelle, ta courtoisie, ton affabilité, je les perçois comme les signes de ta joie et de ton bonheur d'exercer ce métier dans cette Tunisie en transition, dans ce paysage médiatique et professionnel en pleine ébullition. Triste donc que tu nous quittes au moment où les plumes perspicaces et professionnelles se font de plus en plus rares. Tu remarques qu'il est difficile de parler de toi au temps passé ! Repose donc en paix Azza ! 

 

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