Une autre approche du développement

Entrée au capital de la BERD en décembre 2001, la Tunisie est devenue en septembre 2012 pays potentiel d’opérations.

La suite logique des opérations menées par cette prestigieuse institution financière coule de source : signature de contrats de financement en faveur de notre pays et installation de la banque à demeure à Tunis.

Nous avons assisté à l’inauguration du bureau de la BERD le 12 juin 2013 et obtenu une interview de la responsable, Mme Marie-Alexandra Veilleux.

 

Quel est le volume du soutien de la BERD au développement de la Tunisie et de quels projets s’agit-il ?

La BERD a signé depuis septembre 2012 des contrats de financement en faveur de trois projets d’un montant total de 30 millions d’euros. Les déboursements cumulés ont atteint d’ores et déjà 17 millions d’euros. Le premier investissement de la BERD est un engagement de 20 ME dans le capital investissement au profit du fonds Maghreb Private Equity Fund III (MPEF III) qui est géré par une société de gestion régionale Africinvest-Tuninvest.

La BERD a également financé à hauteur de 15 ME Borges Tunisie via la société espagnole Borges Holding, dans le but de soutenir l’expansion des activités de la société en Tunisie et les producteurs d’huile d’olive tunisiens à la conquête des marchés extérieurs.

En accord avec les autorités tunisiennes la BERD a arrêté 4 priorités pour ce qui est des domaines d’investissement en Tunisie.

La restructuration et le renforcement du secteur financier, le financement des PME, l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables et le financement des infrastructures, notamment dans le cadre du partenariat public-privé.

 

Quelles sont les modalités d’intervention de la BERD et sous quelle forme les financements sont-ils accordés ?

La BERD intervient avec une large palette de produits de financements et de services ; les financements sont accordés sous forme de participation directe au capital dans les sociétés (la BERD est un actionnaire minoritaire), ou indirecte via des investissements dans les fonds d’investissements. La BERD intervient également sous forme de prêts à long terme, tant aux sociétés qu’aux institutions financières. Nos projets de financement sont généralement accompagnés d’une assistance technique. Par ailleurs, nous avons un programme dédié aux TPE et PME, le BAS ou Business Advisory Support ; c’est une équipe composée de trois consultants tunisiens de la BERD ayant une forte expertise internationale et résidant sur place et fournissant un large éventail de services de consultance aux TPE et PME : préparation de Business-plan, dossiers de crédits, définition de stratégie etc. Cela permet également de développer une industrie de consultance locale.

La BERD a acquis dans les pays de l’Europe de l’Est une grande expérience dans le secteur privé : notre banque consacre 80% de ses investissements au secteur privé contre 20% seulement au secteur public. Cependant nous dialoguons beaucoup avec les autorités et les acteurs publics en vue d’améliorer le climat des affaires afin de favoriser l’épanouissement du secteur privé.

 

En quoi consiste votre représentation à Tunis et quel est exactement  son rôle?

Notre bureau de Tunis comportera une petite dizaine de cadres supérieurs, dont deux-tiers de banquiers.

Nos banquiers auront pour mission de bien comprendre et connaitre le marché tunisien, d’analyser et d’originer les opportunités d’investissement, et de participer activement  aux études et suivi des projets, en relation avec les équipes sectorielles basées a notre siège à Londres. 

 

Est-ce que la BERD coordonne ses interventions financières avec les autres bailleurs de fonds internationaux ?

Il y a effectivement une forte coordination au niveau du siège et a Tunis, et ce dans le cadre du partenariat de Deauville, créé par le G8 en mai 2011, et qui a mis en place par exemple le fonds de transition, ainsi que via des cofinancements de projets avec les organisations multilatérales et bilatérales telles que la SFI (Banque Mondiale), la BAD, la BEI, Proparco, KfW/ DEG, FMO, etc.  Il faut dire que la Révolution tunisienne a provoqué un mouvement de sympathie en faveur du soutien de la transition démocratique, c’est pourquoi, plus nous sommes nombreux à contribuer au développement de la Tunisie, mieux c’est. 

 

Avez-vous des inquiétudes quant à l’évolution de la situation politique en Tunisie ?

La BERD a 66 actionnaires (pays et institutions) qui suivent de près l’évolution du processus de transition en Tunisie.

Nous dialoguons avec les autorités tunisiennes à ce propos. Nous avons choisi d’investir à long terme dans votre pays en vue de contribuer à son développement.

 

Quel est votre mode opératoire, comment faites-vous pour choisir vos partenaires ?

Nous avons recours aux standards internationaux pour la sélection de nos partenaires, les critères primordiaux étant l’intégrité et la réputation de nos partenaires. C’est ainsi que nous avons bâti un réseau international de partenaires crédibles.

Il faut dire que la BERD jouit d’un rating international AAA qui lui permet d’avoir une grande crédibilité et des conditions de financement bonifiées.

 

Que pensez-vous des difficultés relatives au processus de croissance en Tunisie ?

En raison de la persistance de la crise économique dans les pays de l’Union européenne, la Tunisie doit chercher de nouveaux relais de croissance pour favoriser la relance de son économie.

Cela pourrait être les pays voisins du Maghreb, l’Afrique subsaharienne, ainsi que d’autres pays du Proche et Moyen-Orient. 

 

Entretien conduit par Ridha Lahmar

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