Week-end sanglant à Benghazi

En Libye, un nouvel épisode du bras de fer opposant les milices à la population a viré au drame. Une manifestation devant les locaux de la milice,  «bouclier de Libye», a tourné au carnage, causant un lourd bilan : 28 personnes tuées et  plus de cent blessés.

 

Dans la nuit du 8 juin, quelques heures après les évènements, Ali Zeidan sort de son silence. Dans une déclaration à la télévision nationale, le Premier ministre annonce que le «Bouclier de Libye» a quitté sa caserne et que l’armée régulière a pris possession des lieux». Dans la foulée, une  enquête est ouverte afin de déterminer les responsabilités.

 

Un carnage… attendu ? 

«Cela a été une journée sanglante et triste à Benghazi», déclare à l’AFP le Colonel Abdullah Shaafi, porte-parole des forces de sécurité. Quelques heures auparavant, une manifestation était organisée devant le siège de la brigade «Bouclier de Libye» pour réclamer son départ et la dissolution des milices d’une manière générale. Mais la manifestation tourne rapidement à l’affrontement entre les manifestants et des miliciens armés à l’intérieur de la caserne. Les heurts sont violents, à un point tel que les forces spéciales interviennent pour rétablir l’ordre et prendre possession des locaux. Rapidement le bilan de la journée se révèle lourd : près de 28 personnes décédées et une centaine de blessées. «L’armée nationale a reçu l’ordre de prendre le contrôle des bases du Bouclier de Libye. C’est ce que le peuple veut», a déclaré à Reuters Ali al Chikhi, le porte-parole de l’état-major. 

 

Un contexte explosif

La manifestation, initialement pacifique, a été «infiltrée» par des éléments armés qui «ont tiré sur nos locaux et ont jeté des jelatina (NDLR/bombes artisanales)»… Telle est la version des évènements de la milice «Bouclier de Libye» qui s’est aussitôt exprimée par la voix de son porte-parole, Adel Tarhouni. Formée d’anciens rebelles ayant combattu le régime de Kadhafi, la brigade relèverait en théorie du ministère de la Défense. En effet, après avoir tenté (en vain) de dissoudre les milices, les nouvelles autorités libyennes ont décidé de les accepter et de les utiliser dans des opérations de sécurisation. Le recours aux milices est d’autant plus fréquent que les autorités peinent à former une armée et une police professionnelles. Cette réalité a d’ailleurs été confirmée par Ali Al Chikhi selon qui elle (Bouclier de Libye) est «une force de réserve de l’armée libyenne». Certes, les milices continuent de faire la loi, mais elles suscitent de plus en plus le rejet de la population. En octobre dernier, des habitants de Benghazi avaient exigé le départ de certaines d’entre elles de leurs bases. Sans succès…

A.T

 

Algérie

Vers une nationalisation d’El Hadjar ? 

 

À l’heure où nous mettons sous presse, une information fait couler beaucoup d’encre dans les médias algériens. Après avoir été cédé à ArcelorMittal, le complexe sidérurgique d’El Hadjar (Annaba) devrait revenir prochainement dans le giron de l’État algérien. 

«Aucun accord n’a été conclu pour le moment», a déclaré Cherif Rahmani. «Il y a ceux qui négocient et ceux qui parlent», a-t-il ajouté. Fortement sollicité ces derniers jours, le ministre algérien  de l’Industrie a finalement répondu à la grande interrogation de la presse algérienne. Quelques jours auparavant, l’ancien Secrétaire général du syndicat d’entreprise d’El Hadjar et actuel député du Parti travailliste, Smaïn Kouadria, avait annoncé à l’AFP qu’un accord avait été trouvé entre l’État algérien et l’indien ArcelorMittal. Selon lui, sa conclusion n’était plus qu’une «affaire de jours». Privatisé en 2001, l’un des fleurons de la sidérurgie algérienne, le complexe d’El Hadjar, devrait être nationalisé. Le groupe public Sider, qui détenait 30% du capital, devrait reprendre le contrôle du site en augmentant sa part à 51%. Selon la feuille de route publiée par l’AFP, Sider et ArcelorMittal devraient respectivement injecter 100 millions et 56 millions de dollars au capital. Toujours selon la feuille de route, un plan de développement serait financé par «l’apport de 700 millions de dollars d’une banque publique sur la base d’un échéancier et en fonction de la réalisation du plan 2014/2017» ; l’objectif étant d’atteindre en 2017 la pleine capacité de production estimée à 2,2 millions de tonnes d’acier. Le plan devrait être prochainement présenté au Conseil de participation de l’État (CPE) ; un conseil  chapeauté par le Premier ministre en charge de l’examen des dossiers d’investissements importants. 

 

Une décision polémique

Propriété de l’État algérien, le complexe avait été racheté à 70% en 2001 par l’indien Ispat, propriété du groupe Mittal. Mais l’une des plus grandes privatisations algériennes a rapidement été un échec.  «Douze ans après sa privatisation, le complexe sidérurgique d’El Hadjar fait toujours face aux conséquences du sous-investissement, de la dégradation des installations et équipements, de la fermeture des sites de production essentiels», a déclaré l’économiste Abdelatif Rebah à l’AFP. En 2001, les effectifs étaient de 11.200. Aujourd’hui, ils ne sont plus que 5.600 travailleurs. Les désaccords entre la direction du complexe et le syndicat d’entreprise sont de plus en plus récurrents. De fait, la nationalisation d’El Hadjar était devenue la principale revendication des syndicats. Malgré l’accalmie sociale qu’induirait la nationalisation, la presse  ne cesse de s’interroger sur le coût et le gain de l’opération. Selon la feuille de route, en 2012 ArcelorMittal Annaba «a essuyé des pertes de 33 millions de dollars et ses perspectives de redressement sont limitées». La renationalisation risquerait ainsi de coûter cher à l’État algérien.  

A.T

 

Brèves

Maroc

Condamnation

Au Maroc, un citoyen français âgé d’une soixantaine d’année a été reconnu coupable de pédophilie. Il a été condamné à 12 ans de prison. Il devra également payer 60.000 dirhams (soit 5 500€) de dommages et intérêts à la famille de la jeune fille agressée. L’homme qui s’est installé au Maroc il y a quatre années aurait fui la France car il risquait d’être poursuivi pour pédophilie. Une fois installé, il aurait demandé à ses deux aides ménagères de lui trouver des petites filles de 10 ans. Les deux femmes ont été emprisonnées pour complicité à la création d’une organisation criminelle. 

 

Top départ

La 19e édition du Festival de Fès des musiques sacrées du monde qui a débuté le 8 juin se poursuivra jusqu’au 15 juin. L’édition s’inscrit sous le thème «Fès l’Andalouse» ; cette année (2013) célébrant le millénaire de la création du Royaume de Grenade. Le Festival se veut être « un hommage à la culture andalouse qui a su réunir les cultures d’Orient et d’Occident dans une même recherche de sens et de sagesse », a indiqué le comité d’organisation dans un communiqué. Les événements ont lieu sur les sites historiques de la ville.

 

Mauritanie

Le chiffre

La Banque centrale de Mauritanie (BCM) a réalisé un bénéfice de12,5 milliards d’ouguiyas (41,4 millions USD) au titre de l’exercice 2012. «Le Conseil général (de la BCM) a décidé d’affecter 7 milliards d’ouguiyas (plus de 30 millions USD) au titre des dividendes au Trésor public», a indiqué l’institution dans un communiqué. La politique monétaire de la BCM est l’objet de polémique. Certains économistes mauritaniens estiment que ces chiffres témoignent de «la bonne santé» des finances. Toutefois, l’opposition qualifie cette institution d’outil entre les mains du pouvoir et non un régulateur du système bancaire».

 

Extradition 

Les États-Unis ont extradé vers Nouakchott, Younes Al-Mauritani, un terroriste mauritanien qu’ils détenaient, depuis 2011, à la base militaire de Bagram (Afghanistan). Al-Mauritani, de son vrai nom Abderrahmane Ould Mohamed El Houcein-Elhaj Abdel Kader aurait été conduit par les services de sécurité mauritaniens vers une direction inconnue. Il était placé, depuis 2005, sous mandat d’arrêt international par la justice mauritanienne. L’homme avait participé, en juin 2005,  à l’attaque de Lemgheitty (nord de la Mauritanie), au cours de laquelle 17 soldats mauritaniens avaient été tués. 

 

Libye

Un bon signe ?

Les autorités libyennes ont réussi à tenir leurs promesses. Le match de football ayant opposé la sélection libyenne au Congo (qui s’est soldé par un match nul) s’est déroulé sans incident. La Libye devait accueillir la Coupe d’Afrique des Nations en 2013. Mais l’évènement a finalement été organisé en Afrique du Sud pour des raisons de sécurité. La Fédération libyenne a fait de la CAN 2017 un enjeu majeur.

 

Algérie

Le classement

« Le Fonds de régulation des recettes de l’Algérie (FRR) est classé parmi les 15 premiers fonds souverains à travers le monde en termes de montant »…C’est du moins ce qu’a  indiqué l’institut mondial des fonds de souveraineté (SWF institute), basé à Las Vegas. En effet, sur les 67 fonds souverains recensés par l’institut, le FRR de l’Algérie se classe au 14e rang avec un montant équivalent à  77,2 milliards de dollars. Au niveau africain, l’Algérie occupe la tête du classement. Dans le monde arabe, elle est classée au 5e  rang derrière respectivement Abou Dhabi, l’Arabie saoudite, le Koweit et le Qatar. Créé en 2000, le FRR « absorbe la différence entre les entrées de la fiscalité pétrolière réelle et celles de la fiscalité pétrolière budgétisée ».

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