Objectif sécurité alimentaire

Par Ridha Lahmar

La promotion de la sécurité alimentaire de notre pays implique le repositionnement stratégique de l’agriculture dans notre politique de croissance économique et de développement. Cela suppose un diagnostic approfondi de la situation actuelle et la mise au point d’un plan pour remédier aux faiblesses avec des objectifs qualitatifs et quantitatifs à moyen et long termes.

Il faut dire tout d’abord que l’agriculture contribue à hauteur de 8% au PIB et à 10% seulement des exportations totales du pays, mais emploie 16% de la population active.

Alors que nous étions à l’origine un pays fondamentalement agricole, «le grenier de Rome» durant l’antiquité, il y a eu depuis une régression terrible de l’agriculture en Ifriqiya.

Il y a lieu de reconnaître que depuis l’Indépendance l’agriculture a été délaissée, sinon négligée, au profit de l’industrialisation du pays. Mais l’agriculture nourrit la population, procure en principe la sécurité alimentaire, permet de retenir la population sur place (attachement à la terre) et procure de l’emploi dans les régions intérieures du pays avec une forte densité de main-d’œuvre. Comparativement, elle procure plus d’emplois avec des investissements moins élevés que les autres secteurs d’activité économiques.

Il faudrait également prendre en compte le fait que l’agriculture est à l’origine d’avantages compétitifs à l’exportation et alimente des industries agroalimentaires qui engendrent de la valeur ajoutée aux produits agricoles.

En outre, la dimension stratégique de l’agriculture apparaît dans toute sa gravité lorsqu’on pense, compte tenu du réchauffement climatique et de son corollaire la sécheresse, que la production de céréales pour nourrir correctement toute la population mondiale risque de connaître des insuffisances au cours des prochaines années, ce qui provoque déjà une flambée des prix, à honorer au comptant et en devises aux pays exportateurs.

Notre pays est contraint d’importer chaque année entre le quart et les trois quarts de ses besoins en consommation de céréales, selon le volume de la récolte nationale en blé dur, blé tendre et orge qui dépend de la pluviométrie, sans compter le maïs importé pour l’aviculture. 

Les défaillances structurelles de l’agriculture tunisienne sont multiples. Parmi les faiblesses majeures figure en bonne place l’âge avancé des 500.000 exploitants agricoles : 70% des agriculteurs ont dépassé cinquante ans, ce qui implique une résistance à la modernisation et au progrès des techniques agricoles.

Il y a également un morcellement excessif et croissant des exploitations agricoles, un facteur de baisse de la productivité : la superficie moyenne est passée de 15 à 10 hectares en quelques années à cause de l’héritage.

Il y a un paradoxe relatif au financement des activités agricoles : d’une part il y a un endettement lourd du monde rural soit 200 MD, alors que par ailleurs seulement 15% des agriculteurs accèdent au crédit bancaire.

Il y a là un déséquilibre flagrant entre des agriculteurs incapables d’honorer leurs dettes bancaires et d’autre part des agriculteurs qui n’arrivent pas à accéder au crédit bancaire.

La principale cause est une inadaptation du crédit bancaire agricole aux besoins des agriculteurs et un manque de garanties à présenter aux banques faute d’un statut juridique approprié pour les terres agricoles. 

Le statut foncier agricole dominé par le statut «terres collectives» est un obstacle à tout investissement. L’assainissement tarde à se faire depuis des décennies, en raison de la mauvaise volonté du pouvoir politique et du laxisme de l’Administration.

Il y a trois orientations majeures : la modernisation des méthodes et des moyens de production pour améliorer le rendement et la productivité, la lutte contre le morcellement excessif des exploitations agricoles et l’organisation de coopératives de services pour soutenir l’activité agricole.

La 3e étant la réforme du système de financement et la rénovation du processus d’incitation à l’investissement.

La problématique centrale en matière de développement de l’agriculture est celle de la promotion de l’investissement, de la création de véritables entreprises d’exploitation agricole, intégrées, correctement équipées, rentables, productives, conçues selon des formules de partenariat avec des investisseurs étrangers qui apportent aussi bien la technologie que les circuits de commercialisation à l’export.

Il existe de grandes potentialités pour l’exportation quotidienne de fruits et légumes frais à partir de la Tunisie vers les marchés européens avec des prix très intéressants pour les producteurs, ici le problème réside dans la mise au point d’une logistique efficace et appropriée.

De plus, l’assainissement du statut juridique des terres collectives est une urgence, car il permet de libérer et de favoriser l’investissement agricole.

Ce qui manque cruellement à notre pays, c’est la volonté politique, l’ambition administrative désintéressée et la vision stratégique pour réaliser concrètement tout cela dans l’intérêt supérieur de la nation.

 

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Marina de Gammarth

Nous croyons savoir que le port de plaisance de Gammarth qui a été aménagé dans le cadre d’un vaste projet touristique sera bientôt opérationnel.

L’ensemble du projet a été conçu et réalisé par le Groupe Aziz Miled, dans une zone qui va du bord de mer jusqu’à la forêt.

Il comporte un port de plaisance d’une capacité de 460 anneaux pouvant accueillir des embarcations d’une longueur maximale de 60 mètres.

Des villas luxueuses avec des superficies couvertes allant de 400 à 1000 m2 disposant de vues sur mer, ainsi qu’un centre commercial avec des cafés, des restaurants et des boutiques ; une partie des logements encore en construction est implantée en pleine forêt.

Le style architectural qui a été adopté pour la réalisation de ce projet est le style traditionnel arabo-musulman.

Une manifestation nautique à caractère international est prévue pour le lancement de projet dans les prochains jours. Le coût total de l’investissement est de l’ordre de 100 MD.

 

Tourisme culturel et écologique dans le nord-ouest

On parle d’implantation de tourisme culturel et écologique dans notre pays depuis plus de dix ans, sans que cela débouche sur l’embryon d’un projet, alors que l’urgence de diversifier nos produits touristiques s’avère nécessaire vu les limites du tourisme balnéaire, produit basique et saisonnier.

Les responsables du tourisme tunisien et du département de la culture sont focalisés sur la gestion à court terme des saisons touristiques et incapables de mettre au point un plan d’action global pour la promotion du tourisme culturel portant sur l’ensemble du pays, peut-être pouvons-nous commencer par des circuits régionaux, là où les atouts sont les plus favorables ?

Le nord-ouest semble plus doué que d’autres régions du pays pour héberger ce nouveau produit qui est tout à fait compatible avec l’écologie.

Il s’agit de la région qui va de Tabarka à Jendouba jusqu’au Kef, en passant par Aïn Draham et Béja.

On y trouve une diversité de sites archéologiques, vestiges historiques, forêts, montagnes, parcs, rivières et lacs sans oublier les musées, ce qui permet de retenir l’intérêt des touristes et des visiteurs pendant plusieurs jours sinon une semaine.

Les ruines de Bulla Régia et de Dougga, le musée de Chemtou, la Kasbah du Kef, la médina de Béjà, la table de Jugurtha, les paysages de Tabarka et les forêts de Aïn Draham.

Il suffit d’améliorer les infrastructures routières, d’aménager des maisons d’hôtes et des hôtels de charme, d’imprimer des brochures et de former les guides en conséquence. Une communication adéquate doit être mise au point pour sensibiliser les agences de voyages et les touristes.

Il est fondamental que l’Institut d’archéologie fasse un effort particulier pour nettoyer les sites archéologiques, les doter d’une signalétique adéquate, avec des panneaux explicatifs, des plaquettes d’information détaillées et surtout un accueil souriant.

Les recettes d’entrée seront conséquentes, de quoi financer le gardiennage et l’entretien.

 

OMV : un centre de formation pétrolière à Tataouine 

Selon les prévisions de la compagnie pétrolière autrichienne OMV, les travaux de mise en valeur de la concession «Nawara» qui viennent d’être entamés, dans le cadre du permis Janin Sud, permettront de produire à l’horizon 2016 15% de la production de gaz naturel en Tunisie.

Le ministère de l’Industrie affirme de son côté que ces travaux sont programmés dans le cadre du grand projet de construction du gazoduc du sud tunisien destiné à consolider la production nationale et à assurer l’approvisionnement des centres de consommation soit un investissement d’un milliard de dinars et 3000 emplois durant trois ans. Il résulte de la coopération étroite instaurée entre l’ETAP, OMV et la STEG.

La réalisation du projet a été programmée sur 30 mois.

OMV a donné son accord pour apporter sa contribution à la réalisation à Tataouine d’un centre de formation professionnelle pour les métiers pétroliers : perfectionnement de techniciens tunisiens et spécialistes destinés aux constructions pétrolières.

La capacité de formation de ce centre serait de 300 techniciens.

Rappelons qu’OMV est un des acteurs les plus actifs en matière de prospection pétrolière en Tunisie, en partenariat avec l’ETAP et qu’elle produit 15.000 barils par jour, ce qui représente 20% de la production nationale.

OMV dispose de plusieurs concessions en Tunisie, en cogestion avec l’ETAP qui est l’acteur public en la matière.

 

Investissements lourds pour le secteur du transport

Le transport en commun public, c’est bien connu, est déficitaire par définition, en raison de deux impératifs majeurs. D’une part la nécessité de financer la modernisation du transport et faire face à l’évolution des besoins qui relèvent de la responsabilité de l’État. D’autre part, en raison des tarifs bonifiés consentis par les sociétés étatiques au profit des élèves et étudiants et du maintien relativement bas des prix pratiqués en faveur des classes moyennes et populaires qui utilisent les transports en commun.  

C’est pourquoi le budget de l’État a prévu au titre de l’exercice 2013 des subventions de compensation en augmentation passant de 277 MD en 2012 à 330MD en 2013.

La poursuite de l’exécution du projet de réseau ferroviaire express dans le Grand Tunis se fait par l’implantation des infrastructures des stations et des lignes E et D ainsi que les percements du tunnel de Saïda.

Le programme d’investissement de la SNCFT et de la Transtu financé par l’État s’élève à 19 MD dont 15 MD sont affectés à la rénovation de la ligne du TGM.

La SNCFT bénéficiera de 55 MD d’investissements pour les nouveaux projets dont 37,7 MD pour la protection et la rénovation du réseau ferroviaire, la réparation des dommages causés par les inondations et l’ensablement. La grande maintenance coutera 15 MD.

La rénovation du réseau ferré du métro coûtera 35 MD.

Les sociétés régionales de transport bénéficieront de 8 MD d’investissements, destinés à renouveler le parc des bus qui est dans un état de vieillissement avancé.

   Ridha Lahmar

 

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