BLOC-NOTES

Par Sami Mahbouli

Salir ses adversaires est désormais le jeu favori  des « politichiens » que la Révolution a engendrés ; fabriquer des accusations de toutes pièces, monter des procès en sorcellerie, tordre le coup à la vérité, alimenter une presse de caniveau de ragots fétides sont les armes de choix de cette vengeance. Leur dernier fait d’armes est la prétendue collusion entre Béji Caïd Essebsi et Slim Chiboub en vue de contourner les textes sur la confiscation. Toutes les explications fournies par l’avocat en charge de l’opération, Me Slaheddine Caïd Essebsi, les documents publiés et enfin la mise au point de Si Béji sur une chaine TV indiquent clairement qu’il ne s’agit que d’un épisode de plus dans le feuilleton de la calomnie orchestré contre le leader de Nidaa Tounès. Depuis que ce parti  est en tête de tous les sondages, la veine calomniatrice de ses adversaires se déchaîne contre son fondateur dans l’espoir d’en entamer le crédit ou d’en ruiner la réputation ; faute de pouvoir l’atteindre directement, on use de la manière oblique en s’attaquant à l’honorabilité de son frère. Jusqu’ici tous ces « tripatouilleurs de boue », ces professionnels de l’exploration des fosses sceptiques n’ont fait que s’enfoncer dans le ridicule et accréditer l’idée que Si Béji fait peur à ses adversaires politiques par l’adhésion croissante des Tunisiens à son discours. Comme il y a de fortes chances, à mesure que les élections approchent, que cette peur se mue en panique, attendons-nous à assister aux campagnes de calomnie les plus abjectes contre Béji Caïd Essebsi et son entourage. Il faut dire que le maître à penser de ces langues de vipère, Goebbels, leur a légué tant de précieux conseils et en particulier celui-ci : « mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose ». 

 

Lorsque la terrible sentence est tombée, le rappeur « Weld El 15 » a dû se dire qu’il aurait mieux fallu pour lui mettre le feu à une ambassade ; il aurait eu droit, au moins, à la clémence des juges et serait rentré, le jour même, chez lui  muni d’un doux sursis. Deux ans fermes pour une chanson, ça fait un peu cher le refrain. Là s’arrête, cependant, mon élan de compassion ; je ne considère pas, en effet, que traiter nos policiers de chiens constitue une expression de la liberté de création. J’ai connu des formes artistiques plus achevées et certainement plus dignes d’intérêt. Depuis le 14 janvier 2011, les policiers tunisiens ont, par ailleurs,  suffisamment « dégusté » pour qu’il ne soit pas nécessaire d’en rajouter. Fallait-il par une provocation inutile ruiner le patient travail accompli pour redresser le moral des forces de l’ordre ?  A l’heure où les menaces sur notre sécurité sont réelles, est-il judicieux de semer le trouble au sein de ce corps ? Rien ne peut justifier, pas même la liberté de création, l’atteinte à l’honneur et à la dignité de nos policiers ; les ravaler au stade de représentants de la race canine témoigne d’un mépris inqualifiable pour une catégorie de compatriotes aussi estimable que toutes les autres. C’est un fait que certains élus ou responsables politiques actuels sont loin de donner l’exemple et cultivent l’insulte et la grossièreté avec la distinction de charretiers au sortir d’une taverne. Comment s’étonner, dans ce cas, que des rappeurs ne soient pas contaminés par cette sous-culture et ne payent pas leur écot dans cette grande entreprise de dégradation collective. Notre Justice, une fois de plus, ne sort pas grandie de cette lamentable affaire ; son extrême sévérité pour un écart de langage ou pour des paroles déplacées contraste avec sa mansuétude voire sa complaisance envers des individus ayant appelé publiquement au meurtre ; le sale type qui s’est rendu coupable d’exhorter une foule à liquider Béji Caïd Essebsi n’a pas été poursuivi et n’a pas écopé ne serait-ce que d’une amende. Les exemples d’une justice sélective ne manquent pas et le dernier verdict dans l’affaire « Weld El 15 » ne va sûrement pas aider à atténuer nos doutes quant à son impartialité et à son indépendance du pouvoir politique.

avocatmahbouli@gmail.com        

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