«One Tech sera le garant financier des actionnaires»

L’homme d’affaires, ancien banquier et pdg de One Tech Holding, a annoncé que son grand bonheur aujourd’hui est celui d’assurer la transmission du groupe à ceux qui sauront le mener vers de nouveaux succès. Outre l’introduction en Bourse du groupe, M. Moncef Sellami faisait allusion à son futur successeur M. Hédi Sellami, Directeur général de Tunisie Câbles, une filiale du groupe, M. Hédi Sellami dit vouloir  perdurer la notoriété et la pérennité du deuxième exportateur industriel privé de Tunisie. Interview 

 

 

Que pouvez-vous nous dire pour présenter One Tech Holding ? 

One Tech Holding est une société récemment créée, en 2011, mais les origines du groupe et de ses industries remontent à 1978. La holding est composée de trois pôles d’activités. Un premier pôle de câblerie, un deuxième, celui de la mécatronique et le dernier concerne les télécommunications. Il faut rappeler que la câblerie est le métier de base qui a été constitué depuis 1978 avec la société  Tunisie-Câbles, produisant les câbles électriques, de télécommunications et data et qui s’est développée avec le temps avec la création d’Auto-câbles, une société  spécialisée dans les câbles automobiles. Nos partenaires sont Peugeot, Volvo, Ford, Audi et Volkswagen. La particularité de cette industrie, c’est que  nous sommes en partenariat avec Prysmian, qui est le plus grand câblier au monde, présent dans plus de 80 pays et réalisant un chiffre d’affaires de huit milliards d’euros. Notre savoir-faire, à la pointe de la technologie, nous a permis d’être acteur de choix en Europe et en Afrique. Ainsi, nous exportons 85% de notre production vers le marché international, notamment en Europe, une partie de l’Afrique, de l’Asie et de l’Amérique du Sud. Nous avons quelques investissements dans l’électromécanique et les IT à l’étranger, en Allemagne en l’occurrence. Je rappelle que dans le domaine de l’électronique, l’une des plus grandes plates-formes, au monde est l’Allemagne. Donc, forcément, nous nous rapprochons des pays où il y a plus de demande et c’est ce qui oriente en fait un investissement. 

 

One Tech Holding a étendu son savoir-faire à la mécanique, l’aéronautique et l’industrie  à travers le concept «  One Stop Shop ». En quoi consiste-t-il ? 

One Tech essaie de vendre, à travers un concept nouveau, différent et plus demandé par nos clients. Il s’agit d’un produit final et complet. Nous sommes capables aujourd’hui d’offrir à nos partenaires un ensemble de produits dans un package en même temps électronique et mécanique. Un produit complet qui commence par un cahier des charges, puis le design et le prototypage et on passe ensuite à la production industrielle. C’est une spécificité de One Tech, puisque c’est notre savoir-faire, notre technologie et notre industrie qui nous ont permis d’offrir un produit complet. 

 

Selon les statistiques, One Tech est la deuxième entreprise dans le secteur privé pourvoyeuse de devises en Tunisie et elle a continué à réaliser d’excellents chiffres d’affaires, même après la Révolution. Comment a-t-elle réussi à réaliser ces performances? 

Tout d’abord, nous avons une orientation à l’export. Nous sommes toujours à la recherche de nouvelles opportunités et de nouveaux débouchés pour augmenter notre part de marché. Nous sommes une entreprise qui ne cesse d’élargir ses perspectives à l’exportation. Le fait que nous exportons à l’étranger confirme notre savoir-faire, notre capacité à produire un excellent produit. Un savoir-faire totalement tunisien. Malgré la Révolution, nous avons continué à produire et le chiffre d’affaires a même grimpé, et ce, grâce à notre politique sociale. Nous sommes en communication permanente avec nos employés et nous respectons les lois relatives au Code du travail. Il existe un dialogue entre la société et l’ensemble du personnel. C’est ce qui a fait qu’il n’y a pas eu de mouvements sociaux et donc pas de perturbation au niveau de la production. Nous sommes une entreprise citoyenne et l’on considère que nous sommes une famille. 

 

Pourquoi avoir choisi ce moment pour l’introduction en Bourse ? 

Je pense que toutes les conditions au niveau du Holding étaient présentes pour une introduction réussie en Bourse. 

Aujourd’hui, nous sommes appelés à passer à une vitesse supérieure et donc à une taille supérieure. Mais avec la structure qui existe et la capitalisation actuelle c’est difficile. Donc avec l’ouverture du capital nous ferons un jump en un temps record. Cette introduction nous apportera plus de pérennité, de gouvernance. One Tech, d’après la Bourse, sera une entreprise plus prospère avec beaucoup d’ambition et de volonté d’évolution rapide. 

 

Vous allez prendre les commandes de cette entreprise familiale, qui est un fleuron de l’industrie tunisienne. Que peut apporter un sang neuf à cette entreprise? 

Ce n’est pas une question de jeunesse et d’âge. Je pense que toute entreprise ou  pays doit évoluer et doit passer par des changements. Tout changement est bénéfique. Il faut laisser la place à d’autres personnes qui ont d’autres savoir-faire et d’autres ambitions et qui sont capables d’apporter des changements. Donc ce n’est pas un sang jeune, mais je dirais un sang nouveau. Quand vous regardez les grands pays démocratiques, ce n’est pas par hasard que la démocratie est très développée, mais il y a des personnes qui croient au principe de l’alternance et c’est pourquoi l’on voit tous les quatre ou cinq ans de nouveaux présidents. Pour ma part, je dois continuer ce qui a été déjà lancé et l’améliorer aussi. Aujourd’hui, on sera coté en Bourse et on a fait des promesses en fixant les objectifs à nos nouveaux associés et la moindre des choses c’est de tenir ces engagements et faire encore mieux. Je voudrais permettre  à l’entreprise une évolution beaucoup plus rapide. Grace à cette introduction, nous aurons accès à une levée de fonds importante qui nous permettra certainement d’accélérer notre processus de croissance. 

 

N.J

 

 one tech: 

One Tech Holding en Bourse, une valeur sûre 

L’opération d’introduction selon les experts est «gigantesque» à la hauteur de la valeur du holding. One tech Holding est le deuxième exportateur privé en Tunisie, grâce à la vente de près de 80% de sa production à l’étranger. Le groupe est leader sur le marché de l’industrie technologique. Cette entreprise familiale, est l’un des leviers de l’industrie nationale  notamment dans la câblerie, la mécatronique et les TICs. Ses prestations couvrent toute la chaîne de valeurs : ingénierie, conception, production, formation. Son offre est unique par son étendue et les services qui lui sont rattachés. Le Groupe One Tech a su constituer un portefeuille clients solide et diversifié, comprenant les plus grands noms d’équipementiers automobiles et les plus importants distributeurs de câbles d’Europe. Il collabore, ainsi, avec des leaders internationaux comme Airbus, PSA, Land Rover, Ford, Nissan, Renault, Siemens, Bosch, Alcatel. Il représente un fournisseur stratégique de certains d’entre eux qui veulent qu’il suive leur développement à l’étranger, en implantant des sites de production sur place permettant au groupe de doubler ou tripler son CA. La société a, également, fait une offre pour racheter une petite câblerie en France qui lui permettra d’intégrer une nouvelle technologie de pointe dans ce secteur d’activité. One Tech Holding compte, 10 filiales employant 2.800 salariés pour un taux d’encadrement de 38%. Le chiffre d’affaires a atteint 379 millions de dinars en 2012, soit une augmentation moyenne de 12,8%, sachant que le chiffre d’affaires d’Auto Câbles n’est pas consolidé dans le chiffre d’affaires global. L’introduction porte sur une offre à prix ferme (OPF) et un placement garanti de 12.609.625 actions d’une valeur nominale de 1 dinar et à un prix unitaire de 6,500 dinars l’action, soit un montant global de 81,96 millions de dinars, l’équivalent de 23,53% du capital de la société après augmentation. Globalement, la structure financière du groupe One Tech est saine et solide, car le management du groupe a toujours privilégié le financement des investissements par fonds propres. La dette nette du groupe à fin 2012 est de 16,6 millions de dinars, soit 8,9% des fonds propres consolidés. Concernant le volet prévisionnel, après introduction, on s’attend à ce que le chiffre d’affaires consolidé du groupe, passe de 379 millions de dinars  en 2012 à 589 millions en 2016, soit une augmentation de 11,6% en moyenne sur la période. Le résultat net du groupe devrait passer de 16,8 millions de dinars en 2012 à 48,6 millions en 2016, avec une marge nette qui passerait ainsi de 5,2% à 9,5% (le résultat net enregistré en 2013 constitue un pic exceptionnel, qui s’explique par la plus-value sur cession de titres, réalisée lors de l’introduction en Bourse). 

 

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