«Nous aurons une approche de travail participative»

Après plus d’une année et demie d’attente, la HAICA (Haute autorité indépendante de la communication audiovisuelle) est née le 3 mai, coincidant avec la célébration  de la Journée mondiale de la liberté d’expression.

Hichem Snoussi, l’un de ses membres, nous explique les grands axes sur lesquels le bureau va travailler.

Entretien.

 

Pendant longtemps, votre candidature en tant que représentant du Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), a été le principal obstacle pour la création de la HAICA. Comment interprétez-vous ce changement de position de la part  de la Présidence ?

Il faut rappeler à cet égard le rôle joué par le SNJT et l’INRIC dans le maintien de la pression concernant ma candidature. Il ne s’agissait pas tant d’insister sur ma personne que d’appliquer l’article 7 du décret-loi 116, relatif à la création de la HAICA. Le SNJT estimait que continuer à faire des concessions à la Présidence permettrait d’instaurer de mauvaises traditions de non-respect de la philosophie du décret, laquelle consiste à diversifier les profils des candidats afin de garantir l’indépendance de cette instance.

La Présidence voulait appliquer les dispositions de l’article 47 du décret qui lui donnait des prérogatives exceptionnelles et lui permettaient de choisir les candidats de la HAICA dans un contexte de transition. L’important aujourd’hui est que, finalement, nous avons abouti à la composition du bureau de cette instance qui s’annonce équilibrée et diversifiée.   

 

Mais on a toujours mis en cause votre neutralité pour écarter votre candidature. Qu’en est-il aujourd’hui ?

Sans rentrer dans les détails, il est vrai qu’il y avait des difficultés pour créer cette instance, laquelle incarne une nouvelle culture dans la gestion du pouvoir. L’essentiel maintenant est que nous avons pu les dépasser. Beaucoup de personnalités comme Néjiba Hamrouni, Kamel Laâbidi et Mustapha Letaif ont œuvré pour que la composition soit la plus diversifiée et représentative possible du secteur médiatique.

 

Il y avait des réticences par rapport au choix du président de la HAICA, comment a-t-on pu dépasser ce problème ?

Nous avons découvert finalement que c’est une personnalité ouverte ayant une bonne capacité à communiquer et cherchant le consensus. En outre, son choix s’est fait selon les dispositions du décret-loi 116.

 

Comment la HAICA va-t-elle travailler?

Tous les membres sont d’accord sur la nécessité d’appliquer une approche ouverte et participative dans son travail. Il est convenu de faire appel à toutes les compétences tunisiennes et étrangères afin d’apporter leur expertise et soutenir les actions de la HAICA.

 

La HAICA vient de tenir sa première réunion lundi 6 mai. Quels sont les grands axes sur lesquels vous allez travailler et quelle est la périodicité de vos rencontres ?

Nous allons nous réunir environ deux fois par semaine, voire plus si nécessaire. Pour le moment, nous allons axer notre travail sur l’élaboration des statuts internes de la HAICA et sur la poursuite du projet de réformes et de régulation du secteur audiovisuel, commencé par l’INRIC.  

 

Avez-vous des garanties sur l’indépendance réelle de l’instance ?

Je ne pense pas qu’il n’y aura pas de tentatives visant à politiser la HAICA. Mais nous veillerons à ce que cela n’arrive pas.

 

Le Syndicat des magistrats tunisiens compte faire appel contre la composition de la HAICA, auprès du Tribunal administratif, qu’en pensez-vous ?

C’est son droit le plus absolu s’il estime qu’il y a eu dépassement de la loi.

Propos recueillis par Hanène Zbiss

 

Composition de la HAICA :

– Nouri Lajmi : président, 

– Mouna Ghariani : membre, 

– Raja Chouachi : membre, 

– Riadh Ferjani : membre, 

– Radhia Saïdi : membre, 

– Rachida Naifar : membre, 

– Hichem Snoussi : membre, 

– Mohsen Riahi : membre, 

– Habib Belaïd : membre.

 

 

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