Halte à la violence !

Depuis plus d’une semaine les internes et résidents de  l’hôpital universitaire La Rabta sont en arrêt de travail aux urgences. Il ne s’agit pas de grève, mais ils ont décidés, après assemblée générale de leur syndicat (SIRT : Syndicat des internes et résidents tunisiens) de ne plus travailler aux urgences jusqu’à satisfaction de leurs revendications. Ces dernières se résument à un seul mot : la sécurité !

Les jeunes internes et résidents sont de plus en plus la cible de violence de la part des citoyens accompagnants leurs parents malades et, phénomène nouveau, de la part des malades eux-mêmes.

 

Une affaire qui a fait du bruit

Le dernier incident en date, qui a eu lieu la semaine dernière, a mis en danger la vie d’une jeune résidente, menacée par un malade qui tenait un couteau et jurait qu’il allait l’égorger. L’affaire a fait beaucoup de bruit et il semble que l’on ait voulu minimiser les faits en parlant d’une rumeur. Le chef de service des urgences s’est exprimé à ce sujet sur une chaine de télévision et a tenu ce genre de propos. Or selon une des  membres du SIRT, l’affaire est beaucoup plus grave et tous les présents ont eu vraiment peur à la vue de ce malade, un couteau à la main et qui courait derrière la résidente. N’eut été l’intervention d’autres malades présents, la résidente serait certainement morte. Le malade en question, VIH positif, menaçait également de se couper et d’infecter tout le monde, du coup, les gens l’ont fuit, les agents de garde également et même les policiers, arrivés par la suite. Un jeune résident venu d’un autre service a réussi finalement  à le calmer. Quant aux raisons qui ont fait craquer ce patient, ce sont toujours les mêmes pour tous les malades : de longues heures d’attente !

Après cet incident, un autre s’est produit dans un service de cardiologie : un malade, cardiaque, a trouvé la force nécessaire pour  «tabasser» l’interne !  (Il a piqué une crise de colère, mais n’a pas fait de crise cardiaque.)

Il y a un mois, un résident de chirurgie s’est fait étrangler par un malade. La même chose s’est produite avec un jeune interne qui a failli mourir, étranglé lui aussi. Résultat,  l’interne en question quitte la garde immédiatement, la laissant aux mains des médecins urgentistes qui sont moins exposés que leur jeunes collègues en formation, puisqu’ils sont dans le service d’urgences et non  aux «boxes» qui sont les locaux où l’on reçoit les malades venus consulter en urgence. En allant porter plainte auprès de son chef de service, c’est lui qui s’est vu menacé de «non validation» de stage pour avoir quitté le box d’urgence sans raison valable ! (Toujours selon les propos des membres du SIRT.)

 

Menace de viol

Dans un hôpital du nord de la Tunisie, un groupe d’internes femmes s’est vu menacé de viol par les malades et leurs accompagnants !  La liste des violences subies par les internes et les résidents est encore très longue. Il ne faudrait pas s’étonner  d’entendre parler de décès suite à un acte de violence, dans quelque temps. Selon les représentants du SIRT, il y a au moins deux actes de violence graves, où la vie est mise en danger,  contre les internes et les résidents, chaque semaine. On exclut les querelles de routine. Il semble que l’on soit arrivé à un niveau inimaginable de violence, en quantité et en gravité ! On ne va pas tout mettre sur le dos de la Révolution et dire que les citoyens sont devenus plus agressifs. Car dans ce cas pourquoi ne menacent-ils pas les agents de la poste, ou de la STEG quand ils font la queue  aux guichets pendant des heures ?  Mais peut-être que, contrairement à la poste et à la STEG, les prestations de service aux urgences ont perdu de leur qualité et les citoyens ne les supportent plus. 

Selon les internes et les résidents, qui sont censés être en formation et encadrés par leurs ainés, ils sont au contraire livrés à eux-mêmes face à des hordes de malades et d’accompagnants  souvent à bout de nerfs. Ils apprennent sur le tas, à leurs dépens, aux risques de leurs vies, car les conditions minimales de sécurité n’existent pas dans la majorité des hôpitaux. (Certains sont mieux dotés, particulièrement les nouvelles constructions.) 

 

Des stagiaires jetés dans la gueule du loup

Les jeunes médecins stagiaires, sans expérience professionnelle, sans expérience du système même de fonctionnement  de l’hôpital et des urgences (qui fait les prélèvements, qui les emmène aux laboratoires,  et où, qui va chercher les résultats, etc.), également sans statut, sont jetés dans la gueule du loup pour boucher les trous  et les lacunes du système de santé publique. Un système malade et le ministère en est conscient et essaye de trouver les solutions. Un système exsangue, vidé de ses meilleurs éléments, un gouffre économique,  qui va à la faillite à tel point que l’on se demande s'il est préférable d'opter pour la gratuité des visites ou révisier la donne.

Samira Rekik

 

Amen Santé renforce sa proximité en région en ouvrant une nouvelle clinique à Béja

 

La journée du 15 mai a marqué l’inauguration de la nouvelle clinique Amen à Béja.

Premier pôle médical qui offre la disponibilité de toutes les commodités et services en un seul et même lieu, la Clinique Amen Béja représente le résultat d’une réalisation entièrement exécutée par le Groupe Amen Santé.

La clinique, dotée de 102 lits, (facilement extensible à 118) pourra répondre aux besoins médicaux des malades avec un niveau de standards d’hébergement et de soins identiques à ceux de la capitale. Le plateau technique comportera un bloc opératoire de quatre salles d’opérations, un espace réveil, une salle de césarienne autonome avec deux salles de travail et une unité de réanimation. La surface couverte de la clinique est de 7000 m².

C’est dans la région de Béja que les 200 employés ont été recrutés, sans compter les 500 emplois indirects que l’ouverture de la Clinique Amen Béja va engendrer. L’enveloppe financière de ce nouveau projet du groupe Amen Santé représente une somme de 16 MDT.

 

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