Bouquet fleuri

Comme au temps de la Grèce antique où musique et littérature étaient unies sous une même expression (La Moussiké) et même si ces dernières se sont de nos jours séparées, nous avons ressenti samedi dernier cette fusion momentanée dans un théâtre… comme dans ces exquis temps reculés. 

Nous croyions ce soir-là qu’il y aurait à peine quelques personnes plus ou moins averties ou concernées de près ou de loin par la cérémonie de remise des prix littéraires «Comar d’or». Ce n’était qu’une agréable et rassurante surprise, car l’affluence ne s’est arrêtée que lorsque les sièges aient été quasiment tous occupés. Une autre surprise de taille : la discipline des organisateurs et la ponctualité du début du spectacle : 20 h et non 20 h et une minute ! Un respect et une tradition se sont installés depuis 17 ans avec la compagnie d’assurance Comar qui organise le prix du roman francophone et arabophone en réunissant un jury bien sélectionné du domaine. Encore une fois, la Comar a prouvé son soutien à la création littéraire et sa vocation de dénicheur de talents tunisiens depuis le coup de cœur pour cette initiative grâce à M. Rachid ben Jemia.

Le rideau a été levé sur un bouquet fleuri et musical de la troupe El Farabi  : tenues sombres, mais foulard vert  vif  noué autour du cou, a transmis aussi bien les notes musicales que celles de l’espoir, inaugurant la cérémonie.

Enfin arriva l’heure du verdict : “Le panache des brisants” de Mokhtar Sahnoun, qui  a obtenu le ‘’Comar d’or’’ du roman écrit en français et où  l’auteur a construit son univers au milieu des pierres, des plantes et des bêtes sans se lasser d’interroger le mystère… Un roman de l’écoute et de la perception du monde bâti de bribes de  chapitres, voyageant au cœur de la mémoire où les souvenirs les plus lumineux côtoient les secrets les plus enfouis… Ce sont nos failles, nos vies, nos propres blessures que Mokhtar Sahnoun déroule avec force.

Le prix spécial du jury : Le souffle de la bête immonde, de Sami Kourda. 

Dans ce roman, un étudiant, un syndicaliste, un colonel et un banquier, qui, au détour d’un couloir, voient leur vie basculer et  tomber dans les griffes d’une bête immonde… «Ne pas lire un tel récit la nuit, conseille son auteur».

Le prix Découverte : Sculpteur de masques,  a été attribué à Mohamed Harmel, où son Spectre d’Aigle pour qu’il devienne Sceptre d’Aigle, il lui faut d’abord rejeter le masque de la tribu….

Surprise de la soirée : Le’’Comar d’or’’ du roman en arabe n’a pas été décerné! Seul le  prix du jury a été accordé en ex aequo aux écrivains Abdelkader Ltifi et Hafidha Gara pour leurs romans ‘Rihla Hentatiya’ (pérégrination des Hentati) et ‘Al-araâ’ (dénuement).

Malgré tout, une exquise soirée clôturée en beauté  et en fraicheur par une voix aussi aérienne que la tenue que portait notre cantatrice Dorsaf Hamdani qui fut à la hauteur de son talent et à celui de l’évènement.

 

 Nadia Ayadi

 

Les membres du jury

Membres du Jury pour le roman arabe :

Jalila Triter, Fatma Lakhder, Houcine Wad, Hafedh Mahfoud et Mohamed Eya Mihoub.

 Membres du jury du roman français :

Béchir Garbouj, Samir Merzouki, Nébil Radhouan, Meriam Belkadhi et Ahlem Gueyaza

 

 

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