L’hépatite C à Thala,Une fausse rumeur

 

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La nouvelle de l’apparition d’une épidémie d’hépatite C à Thala a suscité un état de psychose dans le pays. Mais il s’est avéré qu’il s’agissait d’une rumeur. Des sources de la Société tunisienne de gastroentérologie ont démenti l’existence de cette épidémie et ont affirmé que les chiffres présentés par les auteurs de cette information étaient faux.

 

Tout a commencé lorsque le parti de l’Union populaire républicaine a évoqué, dans un communiqué, «la propagation d’une épidémie d’hépatite C dans la délégation de Thala (gouvernorat de Kasserine) s’appuyant sur des données vérifiées et des chiffres fiables.»

Le communiqué révèle que, selon un échantillon soumis à des tests médicaux, 8,23% de la population de Thala serait atteinte de ce virus, soit une multiplication par 40 de la moyenne nationale qui ne dépassait pas les 0,2%.

L’Union populaire républicaine précise avoir informé le ministère de la Santé de ces faits, réclamant la réalisation d’un recensement exhaustif et rapide pour établir les raisons de l’apparition de l’épidémie, le recrutement d’un médecin spécialiste permanent à l’hôpital régional ainsi que la mise en place d’une unité de soins pour assurer le suivi des patients atteints et d’un programme de prévention et de sensibilisation.

Le ministère de la Santé publique a réagi promptement et a démenti l’information. Le Dr Mondher Ounissi, chargé de mission, a affirmé que seulement quatre nouveaux cas d’hépatite C avaient été enregistrés à Thala en 2012, soit un taux de prévalence de 0,01% au niveau local contre 0,15% en 2011.

La moyenne nationale d’atteinte de l’hépatite C en Tunisie est de 1,7%. C’est le chiffre officiel donné par la Société tunisienne de gastroentérologie (STG). L’UPL  avance, elle, le chiffre de 0,2%. Par ailleurs, elle évoque un échantillon de personnes chez qui ce pourcentage est passé à 8,23%, soit 4 fois la moyenne nationale et non 40. Ces analyses ont été réalisées sur une «population orientée» selon une source de la STG. On a calculé ce chiffre en se basant sur un ensemble d’anciens malades ou de parents de patients, ce qui explique le taux élevé trouvé. La méthode est donc scientifiquement incorrecte.

Dans certaines régions du pays, la maladie est plus présente que dans d’autres, c’est le cas de la ville de Thala. Les virus de l’hépatite C suivent les flux migratoires. C’est ainsi que dans le nord du pays, l’hépatite C est plus répandue, car elle viendrait d’Europe, alors que dans le sud, c’est l’hépatite B qui est plus fréquente, arrivant d’Égypte. Il faut rappeler que l’hépatite B touche entre 700.000 et 800.000 personnes en Tunisie.

L’hépatite C est une maladie grave du fait qu’elle évolue vers la chronicité dans 70 à 90% des cas.

Au bout de quinze à vingt ans, le patient souffre d’une cirrhose et d’un foie fibreux. Il s’agit d’un état précancéreux qui pourrait être à l’origine de plusieurs complications, comme l’ascite (eau dans la cavité péritonéale), les crises d’encéphalopathie, et l’insuffisance hépatocellulaire (l’incapacité du foie à fonctionner normalement) ou encore l’hémorragie digestive par rupture de varices oesophagiennes suite à un foie fibreux.

La bonne nouvelle, c’est qu’actuellement il y a un traitement très efficace pour l’hépatite C, il s’agit d’une trithérapie, qui coûte cher. On croit savoir que le ministère a accepté l’importation de ce traitement en Tunisie. Rappelons que la CNAM prend intégralement en charge le traitement de l’hépatite.

Samira Rekik

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