La solution à problèmes

Ridha Lahmar

Le paysage socioéconomique actuel de notre pays présente les caractéristiques suivantes : flambée des prix des produits alimentaires de première nécessité, fraudes et infractions diverses à la réglementation relative à l’exercice des activités commerciales, conditions d’hygiène souvent défectueuses lors de la conservation des produits alimentaires, pénuries cycliques de certains produits de base comme le lait, la pomme de terre et les eaux minérales.

De plus les circuits de distribution légaux sont perturbés tandis que les fraudeurs ont recours à des procédés qui ne respectent pas les dispositions réglementaires, chômage croissant et privation des régions intérieures pour ce qui est des infrastructures commerciales.

Ce sont là autant de problèmes et de difficultés que connaît actuellement notre pays en cette période postrévolutionnaire à cause de la rapacité de plusieurs centaines de commerçants de détail, de la passion immodérée des spéculateurs et de certains grossistes et intermédiaires pour le gain illicite et facile, alors que les projets d’investissement en matière de grande distribution sont délaissés, négligés et boudés par les pouvoirs publics.

En effet, de multiples projets d’implantation d’hypermarchés sont restés lettre morte auprès des autorités compétentes depuis des années.

L’implantation des hypermarchés est soumise à l’autorisation des pouvoirs publics, dont le ministère du Commerce.

La réglementation relative à leur implantation impose aux promoteurs de choisir un site à proximité immédiate d’une autoroute afin d’éviter les encombrements de la circulation et d’aménager à leur frais le raccordement routier à l’autoroute (bretelles de desserte).

L’hypermarché est tenu d’aménager un vaste parking pour l’accueil de la clientèle et de veiller au traitement de ses propres eaux usées pour ne pas polluer l’environnement.

La grande distribution s’est révélée comme étant un puissant facteur de dynamisation de la vie économique, et ce de plusieurs façons. Tout d’abord les investissements nécessaires à la construction et à l’aménagement d’un hypermarché — entre 50 et 100MD — injectés dans une région, vont durant trois à quatre ans procurer du travail aux entreprises du bâtiment, des travaux publics et des transports avec leurs sous-traitants pour le second œuvre, à quoi s’ajoute l’impact positif sur les industries de matériaux de construction. 

Tout cela va créer des milliers d’emplois. Ensuite, dès l’entrée en activité de l’hypermarché, celui-ci va créer des débouchés pour des centaines de producteurs agricoles, industriels et artisans, ainsi que dans le secteur des services.

Il y a là un impact positif sur le secteur productif dans le sens de la mise à niveau des structures productives ainsi soumises à un cahier des charges strict établi par les enseignes de la grande distribution : qualité des produits, régularité des livraisons, respect de la réglementation d’hygiène, etc.

L’hypermarché est en mesure, grâce à ses relations de partenariat avec une enseigne étrangère, de promouvoir les exportations des produits tunisiens sur les marchés extérieurs. Il est tenu de respecter la réglementation sur les prix, il a la capacité d’éviter la pénurie des produits et de lutter contre l’inflation et les spéculateurs. La grande distribution s’est révélée un puissant créateur d’emplois permanents notamment pour les jeunes diplômés et les femmes, en plus de son rôle d’assainissement et de moralisation des circuits économiques.

L’expansion de la grande distribution ne signifie pas la régression du petit commerce ou encore la disparition des épiciers et des marchands de fruits et légumes. Au contraire, cela doit inciter les pouvoirs publics et les intéressés eux-mêmes à évoluer, à se moderniser, à s’adapter et à se mettre à niveau pour progresser.

Pour cela, il faudrait octroyer des crédits bonifiés aux petits commerçants pour s’équiper en outils de gestion et moderniser leurs installations, créer des sociétés pour jouer le rôle de grossistes honnêtes et transparents et veiller à leur approvisionnement.

Actuellement, la grande distribution ne représente que 18% du commerce de détail alors qu’elle peut aller jusqu’à 50% sans que cela ait une répercussion sensible sur le petit commerce de proximité, un tissu social très utile dans tous les quartiers de nos villes et de nos villages.

La grande distribution est donc en mesure de résoudre une partie des difficultés et des problèmes socioéconomiques actuels sinon de contribuer à leur solution. Encore faut-il que l’administration se décide à activer la promulgation des lois prévues à cet effet et à faire siéger la commission créée dans ce sens.

L’opinion publique a l’impression que l’étude faite à propos du schéma directeur de la grande distribution est restée lettre morte, alors que sur cinq ans, il y aurait une possibilité de créer 20.000 emplois permanents dans le secteur avec un investissement privé de l’ordre de 900MD.

 

AEROLIA et la formation dans les métiers de l’aéronautique

Notre pays s’avère être de plus en plus un site propice à l’implantation des activités de fabrication de composants-avions avec l’émergence du pôle industriel de M’Ghira où une zone industrielle de 2e génération a été aménagée. 50 hectares ont été réservés à l’implantation d’Aérolia, filiale d’Airbus et de ses sous-traitants depuis 2010. Aérolia emploie aujourd’hui 540 salariés et 90 stagiaires dans le montage des ailes d’avions en matériaux composites.

L’entreprise envisage de passer actuellement à la vitesse supérieure en fabriquant elle-même des composants, c’est pourquoi elle a décidé de créer son propre centre de formation en coopération avec l’agence nationale de formation professionnelle avant d’investir dans l’extension de ses propres ateliers de fabrication.

Le ministre de la Formation professionnelle et de l’Emploi, Abdelwahab Maatar, s’est rendu récemment avec plusieurs de ses cadres à l’usine d’Aérolia pour étudier comment améliorer la qualité de la formation. S’agissant d’aéronautique, la qualité des produits fabriqués revêt une importance considérable.

Il a été décidé de créer une commission mixte ayant pour objectif de mettre rapidement au point les programmes et les outils de formation appropriés d’autant plus qu’Aérolia a décidé de créer un centre d’études des nouveaux métiers de l’aéronautique et un atelier de fabrication mécanique.

Il y a lieu de remarquer que le ministère de la Formation se rapproche de plus en plus des entreprises pour améliorer ses prestations de service et établir en quelque sorte des relations de partenariat, notamment lorsqu’il s’agit d’activités à haute valeur ajoutée et d’emplois destinés aux diplômés du supérieur.

 

Relance des exportations du secteur Textile-habillement

Le secteur textile-habillement occupe une place de 1er plan dans l’industrie et l’économie tunisiennes avec 2100 entreprises employant 200.000 salariés.

A ce titre c’est une source de recettes en devises essentielle pour la balance des paiements.

C’est pourquoi la régression des exportations du secteur de 10% pendant les 8 premiers mois de 2012 a provoqué des inquiétudes  parmi les responsables tandis que les importations ont connu une croissance de 14%.

Certes la cause principale réside dans la récession économique qui frappe les pays de l’UE suite aux mesures d’austérité prises dans le cadre de la lutte contre la dette souveraine.

D’ailleurs plusieurs géants de l’exportation comme la Chine sont victimes de la baisse de leurs exportations. C’est bien connu le secteur de l’habillement figure parmi les secteurs les plus fragiles en matière de dépenses pour le consommateur en temps de crise.

M. Abdellatif Hmam, PDG du CEPEX s’est exprimé récemment sur les efforts à prendre en coopération avec les professionnels de la FANATEX et du CETTEX pour la relance des exportations du secteur. Notamment la mise au point d’un programme à long terme fondé sur des études approfondies de la situation du secteur. La priorité absolue doit être accordée à la formation, à l’encadrement et au recyclage dans tous les aspects qui intéressent le secteur d’une part et d’autre part à développer les manifestations relatives à la promotion commerciale des articles d’habillement au niveau mondial, à l’instar de Tex MED.

Le PDG du CEPEX plaide pour la densification et le renforcement de la présence tunisienne sur l’échiquier international. A ce propos le budget promotionnel réservé au textile-habillement soit 1,5MD par an sur le plan mondial mérite d’être renforcé car il est nettement insuffisant pour répondre aux besoins. Il y a lieu d’investir dans la promotion des marques tunisiens et d’intensifier la recherche de nouveaux marchés. La Tunisie participe dans huit salons mondiaux, chaque année, dont la Foire de Paris avec 20 entreprises tunisiennes sur 130 ce qui représente 15%.

M. Hmam a appelé à revoir l’ingénierie financière pour renforcer l’investissement dans le secteur.

 

Gisement de pétrole à Sidi Amor Bouhejla

Nous croyons savoir que les travaux de prospection pétrolière, entrepris par la société canadienne Dialex, ont permis de découvrir un gisement de pétrole dans la région de Sidi Amor Bouhejla. Des travaux complémentaires opérationnels confiés à une autre entreprise ont permis ensuite de préciser l’importance du gisement, ainsi que les conditions de l’exploitation. C’est ainsi que l’on estime que la production pourrait atteindre 100.000 barils par jour durant trente ans.

C’est pourquoi, dès le mois de janvier, un forage sera entrepris par une entreprise spécialisée : opération qui demandera six mois de délais, car la profondeur sera de 5250 mètres, soixante-quinze salariés seront recrutés à cet effet.

Dès l’entrée en production, le transport des barils sera fait par camions vers le port d’embarquement et l’emploi prévu sera de l’ordre de 1000 salariés.

 

Deux nouveaux ponts à Bizerte

Le Directeur général de la Caisse des dépôts et des consignations vient d’annoncer que son institution serait prête à financer la construction de deux nouveaux ponts mobiles à Bizerte. En effet, le développement de la ville, qu’il soit industriel, touristique ou démographique, implique le renforcement de l’infrastructure de transport entre la ville et la capitale, surtout après la construction de l’autoroute. En effet, le pont-mobile actuel construit dans les années 70 est non seulement vétuste mais largement saturé depuis des années. Il est de devenu un obstacle au développement de l’activité économique surtout avec l’accès des bateaux qui fréquentent le canal et engendre une levée du pont donc l’interruption du passage des véhicules et des piétons. Les promoteurs sont des investisseurs belges et italiens, ainsi que les promoteurs de la marina de Bizerte. Le coût de l’investissement est de 80 millions de dinars par pont.

 

Objectif 2016 : 10 millions de touristes

Le ministère du Tourisme proposera le 19 février 2013 la nouvelle stratégie de développement du tourisme à un débat national auquel participeront tous les acteurs du système : fédérations hôtelières et d’agences de voyages, institutions de financement, représentants de l’organisation mondiale du tourisme, société civile, associations de tourisme alternatif, de développement et de promotion.Il s’agit d’un Forum portant sur les grandes lignes de l’avenir du tourisme tunisien à l’horizon 2016, avec pour objectif d’atteindre 10 millions de touristes. Pour la réussite de ce plan, l’adhésion de tous les acteurs du secteur est requise. Rappelons qu’une nouvelle structure a été créée au sein de l’ONTT, elle est chargée de veiller à la mise en application de ce plan : c’est l’unité de gestion par objectifs.

Les grandes orientations de ce plan stratégique sont les suivantes:

— Diversification de l’offre par l’introduction du tourisme culturel et la consolidation du tourisme saharien, sans perdre de vue l’émergence du tourisme écologique et alternatif.

— Amélioration de la gouvernance et restructuration financière de l’hôtellerie, développement des nouvelles technologies de l’information et de la communication dans l’hôtellerie grâce au renforcement de la promotion et du marketing touristiques.

— Poursuite et consolidation du programme de la mise à niveau de l’hôtellerie.

— Développement du transport aérien notamment pour la desserte du tourisme saharien et de Tabarka.

Ridha Lahmar

 

Lire aussi
commentaires
Loading...