L’islamisme politique n’est pas l’Islam

On est en droit de le déclarer au vu de tous ces nouveaux venus qui se proclament serviteurs du message divin avec leur violence, leur arrogance et leur prétention à parler au nom de Dieu.

Comment considérer tous ces gens qui se prétendent serviteurs de Dieu en voulant instaurer un État islamique à l’image de tous les régimes existants qui se définissent comme tels et qui ne sont que des dictatures, souvent les pires ? Si cela était pour établir un État de justice, de paix et de liberté, alors qui ne souhaiterait pas l’avènement d’un tel État ? Or, nous savons et nous le constatons, toutes ces promesses ne sont que des mensonges et des utopies. Encore une fois, regardons ces États islamiques dans lesquels règnent la terreur, l’injustice et le népotisme au profit d’une classe de privilégiés. Dans notre propre pays, prenons le cas du ministre des Affaires étrangères si controversé qui n’a d’autre mérite que d’être le gendre du «Maître.»

Dans tous les pays dits islamistes, cela se vérifie. Aussi bien en Iran qu’en Arabie Saoudite pour ne prendre que les plus emblématiques, les tenants du pouvoir sont loin d’être des parangons de vertu, ce ne sont que des hommes ordinaires avec leurs qualités et leur faiblesses qui, pour beaucoup, profitent de leur prééminence pour s’enrichir au détriment de leur peuple. Que dire des exemples saoudien et/ou qatari avec ces princes qui vivent dans une opulence étalée dans les magazines glacés nous exhibant un luxe inouï ? Dieu peut-il avoir voulu cela ? Dieu encourage-t-il à la violence et à la tyrannie ?

Dans toutes les religions, l’esprit même de la spiritualité est de pacifier les passions humaines en voulant le Bien des hommes. Toutes les religions prônent la concorde, recommandent de faire le bien, de respecter son voisin. Peut-on imaginer que pour obtenir ce résultat, il faille recourir à la contrainte, à la coercition ? Quelle est donc la valeur d’une religion qui exerce la violence pour convaincre ? Un verset du Coran m’a toujours fasciné par sa vérité universelle et par sa logique implacable pour celui qui aime Dieu. «Si ton Seigneur l’avait voulu, tous ceux qui sont sur la terre auraient cru. Est-ce à toi de contraindre les gens à devenir croyants ?» XI, 99. Voici la lumière d’une spiritualité qui grandit notre religion et qui apaise les cœurs emplis de haine.

Quelle est donc notre capacité à résister à cet islamisme politique qui semble triomphant et qui s’empare progressivement de tous les pouvoirs dans les pays arabes ? Courrons-nous vers ce que nous pouvons observer dans tous ces pays qui ont basculé dans l’islamisme politique ?

Que penser de ce 14 janvier 2013 et de ces défilés séparés, de ces slogans partisans et de cette animosité parfois déclarée entre les partis ? Qu’il s’agit d’un signe de vitalité politique d’un pays qui apprend la démocratie ou des signes annonciateurs d’un désordre qui peut emporter le pays ? L’avenir nous le dira. Tant que les combats se déroulent sur le plan strictement politique, on peut considérer cela comme un signe de bonne santé démocratique, mais s’il s’avère que certains veulent se réclamer de Dieu pour imposer leur volonté, alors le danger de la division et de l’absolutisme nous guette comme une tornade prête à nous emporter et à nous fracasser sur les récifs de la haine et de la discorde.

Nous avons affaire à un véritable conditionnement mental qui se met en place. Je regardais lors d’une émission diffusée sur Hannibal TV un homme défilant durant le 14 janvier accompagné de sa petite fille âgée d’à peine trois ans et qui portait le voile. À la question du journaliste, le père, apparemment fier de lui, se vantait de son éducation. «C’est pour l’habituer disait-il, comme ça, plus tard, elle ne pourra pas le remettre en cause». Ces dires étaient appuyés par la mère qui confirmait avec force les propos tenus par son mari. Et que dire de ces crèches coraniques qui abondent à présent ? On prodigue un enseignement islamiste aux forces de l’ordre avec l’intention je suppose d’en faire avant tout une police des mœurs, rappelons-nous ces jeunes condamnés à de la prison pour un simple baiser échangé.

La Tunisie change tous les jours sous nos yeux ébahis avec l’intrusion d’un Islam wahhabite étranger à nos coutumes, tout cela se faisant au nom de Dieu alors que nous savons pertinemment que ce n’est qu’une affaire politique de conquête de pouvoir et que tout le reste n’est que manipulations et mensonges. Nous les voyons à l’œuvre ces gens au pouvoir qui nous gouvernent maintenant depuis plus d’un an. Ils n’ont fait preuve d’aucune compétence particulière et le pays accuse des déficits records… ni d’aucune inspiration divine malgré leurs constantes incantations.

Quand donc vont-ils comprendre que l’Islam est une spiritualité qui grandit l’âme et non un programme politique ? Les emplois, le développement sont des affaires strictement humaines qui exigent compétence, rigueur et créativité, des qualités qui manquent cruellement à nos gouvernants d’aujourd’hui.

Tous ceux qui défilent en criant «Dieu est grand» devraient faire résonner ces paroles en leur cœur et en leur âme, peut-être comprendront-ils alors le sens sacré de ce qu’ils vocifèrent.

*Artiste-peintre et portraitiste

www.fouedzaouche.com

 

Foued Zaouche

 

 

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