Pourquoi le développement régional est-il en panne ?

Une des revendications majeures de la Révolution réside dans la promotion d’une véritable stratégie de développement des régions intérieures et défavorisées du pays. Or deux ans après le déclenchement de la Révolution du 14 janvier 2011, les observateurs sont unanimes pour constater que peu d’actions concrètes ont été réalisées dans ce sens. En effet, durant le gouvernement Caïd Essebsi, le ministère du Développement régional a durant près d’un an fait des études confiées à des experts et des bureaux d’études, procédé à des consultations de la société civile, organisé des séminaires et des débats.

La création de régions économiques regroupant plusieurs gouvernorats complémentaires a été retenue, pour donner un cadre au processus du développement régional et ainsi le doter d’une plus grande efficacité.

La mise en place de structures opérationnelles décentralisées, pour procéder à l’exécution des projets de développement ainsi que des institutions régionales et locales élues dédiées à l’impulsion du développement dans les régions, a été préconisée pour donner consistance à la déconcentration. Des mécanismes de financement ont été proposés pour soutenir les investisseurs dans leurs démarches.

Un diagnostic a été fait pour ce qui est des ressources dans chaque gouvernorat : richesses naturelles et ressources humaines, et un livre blanc a été édité dans ce sens.

Des projets économiques ont même été proposés pour chaque gouvernorat. Au lendemain des élections du 23 octobre 2011, le gouvernement de Hamadi Jebali a créé un ministère du Développement régional et de la Planification qui n’a pas capitalisé sur les études et travaux de son prédécesseur, mais a refait tout le travail depuis le début. Pour 2012, un budget a été prévu pour les projets à caractère régional avec près de 7000 projets. Un an après, le constat est plutôt négatif. En effet, le ministère a pour responsabilité la conception des projets d’investissement public et privé et leur programmation.

À la charge du même ministère, il y a également la tâche d’assurer le suivi et l’évaluation des projets.

Mais le maillon fondamental et central qui consiste à exécuter les projets échappe aux services du ministère et incombe aux autorités régionales. En somme, le ministère s’acquitte de sa mission en prévoyant un budget ambitieux pour le développement des régions, il le répartit entre les gouvernorats selon une clef qui prend en compte plusieurs critères : population, superficie, besoins de la population, ressources naturelles, etc. Le ministère effectue les transferts d’argent, aux conseils des gouvernorats qui prennent à leur charge le choix des projets à réaliser, décident des lieux d’implantation, des financements à mobiliser et lancent les appels d’offres après avoir rédigé les cahiers des charges.

Ce sont donc les conseils régionaux qui assument la responsabilité de la réalisation des projets de développement dans les régions. Or l’impression qui prévaut, c’est qu’il existe une grande lenteur bureaucratique dans les régions qui est le fait soit de l’incapacité des cadres régionaux à assurer le rythme qui s’impose dans le traitement des dossiers, soit de la multiplicité des obstacles que l’on rencontre sur le terrain…

Le ministère se propose de passer d’un système hyper concentré à un système décentralisé en 2013 pour impulser véritablement le développement régional.

Cela consiste à mettre en place un bureau élu de développement local avec cinq personnes compétentes dans chacune des 264 délégations, afin de gérer les projets de développement régional. Ce programme 2013 porte sur des projets d’entrepreneuriat social, à savoir éradiquer les poches de pauvreté, promouvoir le bien-être, identifier les projets d’équipement socio-collectif susceptibles d’être financés par des bailleurs de fonds internationaux tels la BAD, l’UE ou autres.

Le ministère a l’intention de créer des fonds régionaux d’investissement dans chaque gouvernorat où l’État participera au capital à concurrence de 15%, le reste étant à souscrire par des banques, des SICAR et des privés.

Il faut dire qu’il y a un problème de financement des investissements puisque le ministère annonce que 300 projets d’investissement à caractère structurant dans les régions n’ont pas pu boucler leurs schémas de financement en 2012.

La mise en place de toutes ces structures ainsi que le rodage de leur fonctionnement va exiger un délai d’un à deux ans avant qu’ils ne deviennent opérationnels et efficaces. Entre-temps, le chômage et la pauvreté vont persister dans les régions et les projets économiques risquent de rester en panne.

Espérons qu’après les élections il n’y aura pas de changement dans cette orientation qui ferait s’écrouler tout l’édifice du développement régional qui a été imaginé. Ce qui devient très urgent, c’est qu’un nouveau schéma de développement soit retenu pour le pays pour servir de cadre à toutes les actions.

 

Tourisme : Bilan rassurant, des inquiétudes demeurent    

Au terme de l’année 2012, 5.951.000 touristes ont visité notre pays alors que les prévisions étaient de 6 millions. Sur ce total, on dénombre 2.965.000 visiteurs européens et 2.843.000 visiteurs maghrébins.

La progression générale par rapport à 2011 est certes remarquable soit 24%, mais l’année de référence étant 2010, l’écart reste négatif soit 14%. Il reste donc du chemin à parcourir pour remonter la pente. Les recettes touristiques en devises enregistrées ont totalisé 3.173 MD, ce qui constitue une nette amélioration, soit 30% par rapport à 2011. Cependant, l’écart par rapport à 2010 demeure sensible soit 10%. Il y a lieu de remarquer que les prix pratiqués lors de la commercialisation 2012 semblent meilleurs que ceux de 2011. L’année 2013 devrait permettre le retour aux indicateurs 2010.

La campagne de promotion, organisée par l’ONTT sur les marchés émetteurs, qui débutera incessamment ne manquera pas d’être un puissant vecteur de commercialisation, grâce à l’amélioration de l’image de la destination Tunisie, mais aussi à la diversification des produits : tourisme saharien, tourisme écologique, de bien-être, tourisme sportif… qui viendront renforcer le tourisme balnéaire.

Il est fondamental que la stabilité sociopolitique et la sécurité soient réalisées partout dans le pays pour éviter les craintes et les perturbations dans l’esprit de nos visiteurs.

 

Six introductions en Bourse prévues

Selon son président, M. Salah Essaïl, le Conseil du marché financier (CMF) qui se propose d’intensifier le rythme des introductions en Bourse s’apprête à accorder l’agrément à six entreprises pour se faire coter sur le marché financier dans les mois qui viennent.

Le même Conseil s’apprête à réglementer les opérations de consultation financière avec précision des normes qui s’y rapportent afin de leur attacher la crédibilité nécessaire aux informations relatives aux entreprises cotées. Il faut préciser que pour attirer les IDE le Conseil s’apprête à mettre au point les textes d’application relatifs au Code de prestations de services financiers au profit des non-résidents.

Pour ce qui est de l’activité de la Bourse en 2012, l’indice TUNINDEX a enregistré une régression de 7% alors que la Bourse a émis pour 580 MD de titres, dont 140 MD sous forme d’augmentation de capital et 440 MD de prêts obligataires.

Pour l’exercice 2012, les transactions boursières ont atteint 1943 MD contre 1592 MD en 2011. Les IDE en portefeuille, de leur côté, ont atteint 361 MD en 2012 contre 295 MD en 2011, soit 22% de croissance.

 

Contrôle des prix 2012 : 30.000 infractions

Les brigades de contrôle économique ont dressé en 2012 plus de 30.000 procès-verbaux d’infraction à la réglementation économique, et ce malgré toutes les agressions verbales et physiques ainsi que les entraves rencontrées par les agents lors de l’exercice de leurs fonctions. C’est ainsi que selon le directeur général de la concurrence et des études économiques, cinquante-cinq agressions ont été enregistrées dans ce cadre en 2012.

Il faut dire que 2012 a été une année exceptionnelle pour les brigades de contrôle des prix, car l’inflation économique des denrées alimentaires a battu tous les records, les spéculateurs et la contrebande ayant profité de la faiblesse des instruments étatiques de contrôle. C’est ainsi que le nombre d’infractions a été multiplié par six par rapport à la moyenne des années précédentes.

En effet, les produits alimentaires constituent 83% de l’objet des procès-verbaux pour infractions, soit 8641 pour les fruits et légumes, 3870 pour les produits avicoles, 1673 pour les viandes rouges, 8825 procès-verbaux ont porté sur le non-affichage des prix, soit 29% de l’ensemble des infractions, tandis que 5364 infractions relèvent de la hausse illicite des prix. 7423 infractions sont relatives à l’absence de factures, ce qui autorise tous les dépassements, tandis que 3460 infractions relèvent de la fraude sur les instruments de poids de mesures.

À propos du programme national de maîtrise des prix, le nombre d’opérations d’inspection a porté sur 450.000 portants sur la couverture quotidienne de 48 zones, orienté vers le contrôle des circuits de commercialisation en gros, au détail, ainsi que le contrôle routier et sectoriel.

M. Choukri Derouiche a appelé à la mise en place d’un plan national de lutte contre le fléau de la contrebande qui mine l’économie nationale, encourage le commerce parallèle et bat en brèche le climat des affaires. Il a fait part de l’existence d’une étude entreprise à grande échelle par le conseil de la concurrence et relative à la situation de la concurrence dans les circuits de distribution des produits agricoles frais, en plus des amendements prévus en 2013 avec des sanctions plus sévères relatives au non-affichage des prix ainsi que de nouvelles dispositions à prendre contre la spéculation et la contrebande prévoyant des sanctions pénales.

 

TUNISAIR : Un plan de relance en plusieurs volets

À l’occasion de sa communication financière, M. Rabeh Jerad Président directeur général de la Compagnie nationale a déclaré que le Bilan 2012 accuse un déficit de 83MD.

Il faut reconnaître cependant que TUNISAIR a connu en 2012 un regain d’activité commerciale qui lui a permis de transporter encore plus de passagers qu’en 2010, soit 3,8 millions de voyageurs. Les prévisions sont de 4,3 millions pour 2013.

Le déficit est dû à une structure de coûts alourdie par le sureffectif (8500) engendré par la réintégration du personnel des filiales en 2011. C’est pourquoi TUNISAIR a mis en place un plan de redressement comportant plusieurs volets à mettre en exécution dès cette année.

Il s’agit d’assainir la situation financière, de restructurer l’entreprise, de réaliser le plan de flotte et de réorganiser le réseau de desserte commerciale.

Il s’agit aussi de remédier à certaines défaillances au niveau de la qualité des services, dont notamment la fréquence des retards. Le retour à l’équilibre financier est prévu pour 2014. La restructuration portera sur le départ sur deux ans de 1700 agents entre départs à la retraite, non-renouvellement de contrats et retraite anticipée, outre le gel des recrutements et des salaires pour les années 2013 et 2014.

Avec le renouvellement de la flotte à raison de deux avions neufs par an d’ici 2018, TUNISAIR va renforcer sa compétitivité avec une flotte composée d’avions de la génération la plus récente.

La compagnie a décidé de réviser sa stratégie commerciale : suppression des destinations déficitaires, passer de quatre destinations actuellement en Afrique subsaharienne à vingt en 2016, lancement du long courrier sur l’Asie du Sud-est et le Canada dès 2014. La vente des deux avions présidentiels qui rapporterait 300MD donnera à TUNISAIR une aisance de trésorerie certaine.

La compagnie nationale envisage d’augmenter son capital de 106MD à 180MD avec l’entrée d’un partenaire stratégique dans son capital.  

Ridha Lahmar

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