La préfabrication est une éventualité

Des familles démunies vivant depuis longtemps dans la précarité bénéficieront de 30.000 logements sociaux. Selon l’actuel gouvernement, ce projet vient répondre aux revendications sociales de la révolution.

 

Le coût du projet réalisé sur trois ans (2012-2014) est évalué à 1.400 MD. Lors d’une conférence de presse organisée le 5 avril 2012, le ministre de l’Equipement, Mohamed Salmen, a annoncé que le gouvernement provisoire avait alloué dans le budget 2012 une enveloppe de 100 millions de dinars pour entamer les travaux de construction des logements. Le ministre a ajouté «qu’un fonds commun sera ouvert pour mobiliser le reste du montant nécessaire pour l’achèvement de ce projet. Ce fonds sera alimenté essentiellement par les contributions de la Zaket et les dons».

Un sujet polémique

Le vendredi 7 septembre 2012, le ministère de l’Equipement a lancé un appel d’offres international pour la réalisation de la première tranche de ce projet, soit 12.000 logements sociaux. Selon M. Moncef Sliti, le chef de cabinet du ministre, le fonds créé ne pourrait actuellement pas financer ce projet. Ce projet était sujet à polémiques entre le gouvernement et architectes et promoteurs immobiliers. Lors d’un sit-in, les architectes de l’OAT ont fait part de leur position au sujet des logements préfabriqués qui seraient sur le point d’être adoptés par le gouvernement dans la réalisation de ce projet. Les professionnels du métier pensent que ce type de logements n’est pas adapté à l’architecture et à la culture tunisienne.

En revanche, M. Sliti nous rappelle que la cité olympique de Tunis est une construction de type «préfabriqué» réalisée par la SNIT et que depuis les années 70 aucune anomalie n’a été signalée. M. Sliti ajoute «que l’appel d’offres lancé pour ce projet donne la possibilité aux candidats de proposer d’autres variantes techniques».

Pour la première composante de ce projet qui concerne la construction de 10.000 logements sociaux, les appels d’offres étaient régionaux et des tâcherons construiront ces logements. Pour la seconde composante, s’agissant de 12.000 logements sociaux, le gouvernement a lancé cette fois-ci un appel d’offres national et international, car l’investissement était énorme et certaines entreprises locales ne pouvaient pas investir dans ce projet. Cela dit, des groupements se sont créés entre banques et promoteurs immobiliers locaux pour pouvoir participer à cet appel d’offres. Certes, le ministère a organisé des séances de travail avec des promoteurs immobiliers turcs, mais aussi algériens et français, dans le but de faire le point sur les avancées dans ce domaine. Donc dans le cas ou une entreprise turque dépose un dossier de candidature, le ministère étudiera sa proposition comme toute autre demande. A propos de la transparence des marchés publics, les architectes ont émis des réserves sur les procédures d’exécution du projet ainsi que sur la sélection des candidats. M. Sliti a insisté sur le fait que toutes les mesures avaient été prises pour un traitement équitable et transparent de tous les dossiers.

N.J

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