L’Usine de TSP de Mdhilla en production mi-2014

Le secteur des phosphates est une source de richesse inépuisable pour notre pays, c’est pourquoi nous ne devons pas en faire un objet de surenchères à caractère politique ou socio-économique mais une valeur à préserver et à développer.

En effet, plusieurs facteurs font de cette matière première un atout majeur à exploiter ses possibilités au maximum. La demande sur le marché mondial est en progression rapide en raison de ses multiples utilisations, notamment comme engrais chimiques pour l’agriculture, d’où la hausse vertigineuse des prix sur les marchés export donc des recettes en devises suite à nos opérations d’exportation.

C’est également un secteur organisé sous forme de filière avec différentes étapes dans l’élaboration des produits, ce qui permet la valorisation du produit, donc la création d’emplois avec des qualifications croissantes pour le personnel au fur et à mesure qu’il y a apport de valeur ajoutée.

Il y a d’abord l’activité minière qui consiste à extraire dans les galeries sous-terre la matière première, ensuite son enrichissement dans les laveries et son transport, enfin sa transformation industrielle dans les usines du groupe chimique à Gabès et Sfax.

En fin de parcours l’exportation des produits chimiques à partir des ports de Gabès et Sfax.

Une des erreurs stratégiques commises en matière de développement régional et d’aménagement, du territoire a été de ne pas implanter sur place dans la région de Gafsa les usines de transformation des phosphates, d’où les perturbations sociales sécuritaires de ces derniers mois dans le bassin minier, faute d’emplois et d’animation économique régionale.

C’est pourquoi, il a été décidé en 2010 d’implanter à Mdhilla, l’usine de triple superphosphate pour remédier aux erreurs du passé. La capacité de production prévue est de 500.000 tonnes par an. Elle est appelée à remplacer celle de Sfax qui date des années 50, qui a beaucoup vieilli et a engendrée une pollution considérable. Elle ne répond plus aux normes environnementales.

L’usine de Mdhilla  qui est en cours de construction en dehors de la ville, a été conçue selon les normes les plus récentes en technologie de protection de l’environnement. La réalisation de cette usine a été conçue comme un projet clé en main après un appel d’offres international réparti entre 4 lots. En fait, il s’agit de 3 unités de production confiées à des constructeurs différents.  Une usine d’acide sulfurique et de production d’utilités chaudes et froides : le contrat a été signé avec une entreprise chinoise “East China Engereering science” pour un montant de 154MD.

Le 2ème lot porte sur une unité de production d’acide phosphorique (dilué et concentré) remporté par un groupe mixte coréen-tunisien pour un montant de 133MD.

Le 3ème lot a été remporté par une société tunisienne d’ingénierie industrielle avec pour objet, la coordination entre les différents lots et phases du projet pour un montant de 99MD.

Le 4ème lot porte sur l’usine de production de triple perphosphate pour un coût d’investissement de 100MD.

Il y a lieu de remarquer que la BEI a accordé un crédit de 140ME soit 270MD au groupe chimique tunisien pour co-financer l’usine de Mdhilla. Le déblocage se fait en 12 tranches d’une valeur variant entre 10 et 40ME. Le calcul des intérêts pouvant se faire selon l’option retenue par la partie tunisienne avant chaque déblocage, soit un taux fixe ou bien variable. Le taux fixe retenu en avril 2012 a été de 2,9% par an, ce qui est considéré comme un taux bonifié. La durée du remboursement est de quinze ans avec un délai de grâce de trois ans.

La région de Gafsa a besoin d’une stratégie de développement à moyen terme basée sur deux options fondamentales.

D’abord, la mise au point d’une politique d’intégration du secteur phosphatier avec notamment la transformation sur place de la matière première donc l’implantation d’usines de fabrication de produits chimiques tout en respectant l’environnement.

Ensuite, la nécessité d’entreprendre la diversification de l’économie régionale pour éviter l’étroite dépendance vis-à-vis des phosphates.

Les possibilités et les opportunités ne manquent pas. Matériaux de construction, transformation des produits agricoles, industries agro-alimentaires, activités de services…

Par Ridha Lahmar

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