Les grands chantiers de l’avenir du tourisme tunisien

Le tourisme tunisien qui affronte tant bien que mal la conjoncture actuelle difficile faite d’instabilité politique et sociale, alors que nous sommes en pleine haute saison, ne perd pas de vue les aspects structurels du secteur et les défaillances de longue durée qui méritent des actions en profondeur et des solutions durables.

En effet, le tourisme tunisien occupe une position stratégique pour ce qui est de l’emploi direct et indirect qui frise le million de personnes, les recettes en devises vitales pour la balance des paiements, ainsi que l’effet d’entraînement sur les autres secteurs d’activité économiques. Un plan de réforme à long terme du secteur s’impose, il porte sur la recherche de solutions durables concernant ses défaillances structurelles.

Le caractère saisonnier de l’activité dû à la prédominance du tourisme balnéaire est à l’origine du faible rendement du secteur puisque la haute saison ne dépasse pas trois ou quatre mois.

La solution réside dans la diversification des produits touristiques se déroulant tout au long de l’année, avec le développement du tourisme culturel, saharien golfique, du tourisme écologique, de congrès… Cela permettra de mieux exploiter les infrastructures de base très coûteuses pour la collectivité nationale et de mieux rentabiliser les investissements hôteliers et touristiques, avec une évolution concrète vers le tourisme haut de gamme : une clientèle plus riche et plus dépensière, donc des recettes en devises plus élevées grâce à des prestations de services de qualité.

Les difficultés de l’environnement ont augmenté ces dernières années avec la régression de l’hygiène et du nettoyage dans les zones touristiques, l’accélération de l’érosion marine, ce qui a provoqué le recul des plages ainsi que l’invasion des algues sur les rivages. Cela mérite des solutions urgentes et des actions efficaces.

Le manque d’animation dans les stations touristiques est le problème éternel du tourisme tunisien si l’on excepte les festivals d’été. Même nos villes sont désertes la nuit tombée, ce qui n’encourage pas les touristes à quitter leurs hôtels et à dépenser leur argent en ville.

La mise à niveau de l’hôtellerie mérite d’être accélérée, car plus de la moitié des hôtels ont dépassé vingt ans d’âge. Or 25% des hôtels ont adhéré au programme, c’est peu.

L’endettement de l’hôtellerie pour ce qui est des crédits qui datent de plus de 15 ans est évalué à 3 milliards de dinars. Vu l’impossibilité d’assurer le recouvrement de ces arriérés par les procédés traditionnels, le ministre du Tourisme M. Lyès Fakhfakh, envisage la création d’une société de factoring. Un projet dans ce sens sera proposé au conseil des ministres prochainement. Cette société aura à gérer directement les actifs.

Pour ce qui est du rééchelonnement des dettes du tourisme et de l’hôtellerie, il porte sur les échéances de 2011 uniquement.

La relance de la station touristique de Tabarka est de nouveau à l’ordre du jour. En effet, malgré les nombreux atouts de la région : beauté de la nature, plages, montagnes et forêts, existence d’un aéroport international, d’un port de plaisance, d’un golf et de plusieurs hôtels de luxe, le tourisme n’y a pas vraiment décollé. Or voici qu’avec la coopération de l’Organisation arabe du tourisme, il est de nouveau question de promouvoir et d’investir dans un grand projet touristique dans la région, susceptible d’impulser un tourisme de haut niveau et en toutes saisons.

 

 

Les responsables du ministère du Tourisme s’orientent vers une stratégie de gestion par objectifs du secteur avec l’élaboration d’études stratégiques et la mise sur pied d’une unité indépendante de gestion.

 

Par Ridha Lahmar

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