Un soutien ferme à la transition démocratique et économique

La coopération entre la Tunisie et l’UE a été particulièrement riche et diversifiée depuis le déclenchement de la Révolution le 14 janvier 2011.

La contribution de M. Adrianus Koetsenruijter, chef de la délégation de la Commission européenne en Tunisie, ainsi que celle de toute son équipe, a été particulièrement positive pour apporter un soutien ferme à la transition démocratique et économique à un moment très sensible dans l’histoire de notre pays.

Réalités fait le bilan de ces deux années de coopération à l’occasion de la fin de la mission de l’Ambassadeur en Tunisie.

 

L’aide européenne a été octroyée sous forme de dons non remboursables. Son volume a été augmenté pour passer de 80 à 150 millions d’euros depuis janvier 2011. Une allocation de 110 millions d’euros a été allouée au titre de 2012.

Cette aide se décline sous deux formes : aux projets spécifiques durables, hors secteur public, avec des objectifs réalistes, ensuite à travers une coopération avec l’Etat et en appui aux programmes nationaux de développement.

 

Appui de l’UE aux réformes économiques et sociales

Grâce à l’augmentation des dons octroyés à la Tunisie en 2011, l’UE a pu contribuer au financement du programme d’appui à la relance (PAR) avec un budget de 100 millions d’euros et lancer un programme d’appui aux zones défavorisées d’un montant de 20 millions d’euros.

L’objectif du programme d’appui avait un caractère urgent : accélérer le retour à la croissance économique par l’accès à l’emploi, la relance du développement régional et des investissements publics, ainsi que le retour à la performance du secteur financier.

Etaient aussi concernés la promotion de l’employabilité des diplômés, la réhabilitation des quartiers urbains populaires et le renforcement des microcrédits pour l’accès des plus démunis aux services de la microfinance.

Le soutien aux collectivités locales en 2011

Une des causes majeures des disparités profondes économiques et sociales régionales réside dans le manque de ressources nécessaires au financement des services publics de base et des investissements nécessaires pour l’amélioration des conditions de vie des populations.

Il y a lieu de faire face aux urgences : rebâtir les édifices détruits et remplacer les équipements mis hors d’usage lors des évènements postrévolutionnaires.

Il importe également de faire face aux baisses dramatiques des recettes fiscales (70% lors du 1er trimestre 2011).

Plusieurs communes ont connu jusqu’à la paralysie de leurs activités municipales.

Le rôle de l’UE a consisté à combler une partie du manque de ressources propres et entamer la réduction des disparités régionales grâce à une réallocation des ressources publiques en leur faveur.

A travers le programme d’appui aux zones défavorisées, l’UE participe à l’autofinancement des communes et la réactivation des chantiers de rénovation des quartiers populaires pour un montant de 8 millions d’euros.

Ainsi une centaine de chantiers pourraient être relancés en plus de l’amorce de 25 chantiers nouveaux. Un montant de 6,5 millions d’euros bénéficiera au ministère du Développement régional au titre de la coopération technique : expertises et conseils du BIT pour améliorer le fonctionnement des programmes régionaux de développement. Des travaux d’intérêt public seront destinés aux populations à travers des chantiers à haute intensité de main-d’œuvre.

 

Un programme de soutien pour les zones défavorisées

L’UE a engagé un budget de 20 millions d’euros pour financer un nouveau programme d’appui aux zones défavorisées.

Il s’agit de développer, aux côtés de l’Etat, des travaux à haute intensité, de main-d’œuvre pour le soutien des emplois à court terme au profit des travailleurs peu qualifiés, ainsi que l’amélioration de l’employabilité des sortants de la formation professionnelle. La mise en œuvre des projets étant du ressort du BIT.

Ce programme consiste également à réhabiliter une centaine de quartiers défavorisés dans les périphéries urbaines, ainsi que la relance de l’activité économique dans ces quartiers.

L’action de l’UE vient en soutien à l’action de l’AFD en assurant l’autofinancement à la charge des communes et qui provient de la caisse des prêts et de soutien aux communes, laquelle finance une grande partie des investissements des collectivités locales.

Enfin, il y a un appui à la microfinance, à l’auto-emploi pour renforcer son rôle de soutien dans les zones défavorisées en faveur de 40 000 emprunteurs potentiels du secteur informel qui n’arrivent pas à accéder au crédit bancaire – alors qu’ils disposent d’un potentiel et d’un savoir-faire – et qu’il y a de la place sur le marché pour leurs produits et leurs services de proximité.

 

BEI : des concours exceptionnels en 2011

En 2011, année exceptionnelle, la BEI a réalisé près 400 millions d’euros de nouvelles signatures au profit de la Tunisie dont l’appui à la modernisation routière soit 125 millions d’euros, la nouvelle unité industrielle du groupe chimique de M’dhilla, soit 132 millions d’euros, ainsi que le renouvellement de lignes de crédit de 130 millions d’euros sur de nouvelles bases.

Au niveau de la microfinance, soit un appui de 4 millions d’euros en faveur de ENDA en plus d’un programme d’assistance technique régional Mricromed. De nouveaux investissements sont prévus pour la santé et l’enseignement supérieur (3 écoles d’ingénieurs).

Notre pays est l’un des premiers bénéficiaires de la BEI, 1er bailleur de fonds du pays.

Les appuis en 2010 comprennent deux prêts en faveur de la STEG : 185 millions d’euros pour le transport d’électricité et 194 millions d’euros pour la centrale de Sousse, auxquels s’ajoutent les 177 millions d’euros pour le réseau de transport ferroviaire rapide (RFR). Ce dernier projet est cofinancé par l’AFD et la KFW, outre la facilité d’investissement du voisinage (UE).

 

Par Ridha Lahmar  

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