Médecins/ministère : le black-out

A l’annonce de la grève du personnel hospitalier, le ministère de la Santé a exprimé sa «surprise» et son «regret», se déclarant «ouvert aux discussions et aux négociations à tout moment». Et pourtant, tout avait relativement bien commencé entre le SNMMDP et le gouvernement. En avril, le nouveau bureau, fraîchement élu, décide de remettre au goût du jour les revendications du secteur. Et elles sont multiples. Au terme d’augmentation salariale, les médecins préfèrent «alignement» car il s’agit concrètement de percevoir, à l’instar  leurs collègues spécialistes, la prime de plein temps, prime qu’ils perdent de facto, une fois qu’ils décrochent l’assistanat. Ils exigent également la prime d’encadrement, prime que touche l’ensemble des universitaires en fonction des travaux de recherches.  Pour eux, cette opération est une régularisation. «Si notre problème était financier, nous ne ferions pas grève. Au lieu de cela, nous aurions plié bagages vers le privé», martèlent-ils. Dans le même temps, le syndicat appelle à un grand débat sur la santé publique, secteur qu’il estime lésé par la politique de l’Ancien régime «consistant à l’affaiblir au maximum pour booster le privé». La première réunion qui a lieu avec le ministre de la Santé se déroule bien. Mais par la suite, explique-t-on du côté des syndicalistes «aucune proposition n’est faite et il a constamment opposé une fin de non-recevoir aux nôtres». Sur «l’alignement» des salaires ? Le ministère répond par la négative en justifiant sa décision par la difficile conjoncture du pays, incapable de «supporter une augmentation estimée à  46 millions de Dinars pour 2.000 médecins». Pour le reste, il donne rendez-vous dans trois mois pour traiter des différentes problématiques dans le cadre d’états généraux. Quoi qu’il en soit, le bras de fer se poursuit. La grève des soins achevée, les médecins ont décidé de reporter leur grève sur leurs travaux universitaires. Ils ne corrigeront pas les copies cette année et ne donneront plus de cours jusqu’à nouvel ordre. Bien que lésés, certains étudiants ont d’ores et déjà leur action. Tel est le cas de l’Union Générale des Etudiants Tunisiens pour qui le gouvernement est «responsable»  de cette impasse.

 

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