Place à la «justice» !

Le procès contre Bouzid Dorda, le chef du renseignement de l’ancien régime libyen a commencé. C’est un premier test pour les autorités libyennes observées par  la communauté internationale.

 

Une trentaine de minutes…La première audience du procès Bouzid Dorda aura été bien courte. Son avocat Me Daw al-Mansouri a demandé du temps pour examiner le dossier et préparer sa plaidoirie. Rendez-vous est donc donné le 26 juin. Auparavant, s’était ouvert dans des mesures de sécurité exceptionnelles, le premier procès d’un responsable de haut rang depuis la chute du régime de Kadhafi en octobre dernier. En trente minutes, l’ex-chef des renseignements —qui a remplacé Moussa Koussa à la tête des services en 2009— a tout de même eu le temps de nier en bloc  les accusations. «Utilisation de la force contre des manifestants» ou encore «rassemblement de forces pour participer aux batailles»… L’homme qui avait été  capturé  par les rebelles, en septembre à Tripoli, a plaidé non coupable pour chacun des six chefs d’accusation lus par le juge. En entamant les procès des anciens responsables, Tripoli souhaite prouver à la communauté internationale qu’elle est capable de tenir des procès équitables. Depuis des mois, elle tente de convaincre la Cour pénale internationale (CPI) d’»annuler» sa requête lui ordonnant de livrer à la Haye Seif Al-Islam. Elle tente dans le même temps d’obtenir l’extradition du très controversé, Abdallah Senoussi, ex-chef du renseignement intérieur et le beau-frère de Kadhafi, qui avait été arrêté en Mauritanie.

 

Le couac russe

Parallèlement, le 4 juin, des Ukrainiens (19), des Biélorusses (3) et un Russe ont été reconnus coupables d’être des mercenaires. Ils ont été condamnés à dix ans de prison et de travaux forcés. Considéré comme  le coordinateur du groupe, le russe a  écopé de la prison à perpétuité. Selon la justice libyenne, les 24 hommes auraient notamment préparé des lance-missiles sol-air destinés à combattre l’aviation des forces de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN). Tous ont rejeté les accusations en affirmant être venus en Libye pour travailler dans le secteur pétrolier. Dès l’annonce de la sentence, le ministère russe des Affaires étrangères a remis une note de protestation à Fatima Mamlouk, la chargée d’Affaires par intérim de la Libye à Moscou. Les ambassadeurs ukrainien et bélarusse présents lors de l’annonce du verdict l’ont qualifié de «lourd» et ont annoncé que les condamnés feraient appel.

 

A.T

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