“La scolarité payante à l’étranger reste le souci majeur des parents”

Mohamed Khatiri qui a été champion du monde de Karaté, a un parcours atypique  l’impliquant dans de nombreuses associations caritatives  et militantes, auprès des jeunes, dans le milieu sportif, mais aussi en dehors. Il est chef d’entreprise et éducateur sportif. Il est français d’origine marocaine,  et aujourd’hui en campagne, à Tunis, pour soutenir Alain Le Moulec, candidat aux élections législatives, pour la 9ème circonscription des Français de l’étranger.  Nous l’avons rencontré  pour en savoir plus. Entretien.

 

Vous découvrez la Tunisie pour la première fois?

Effectivement, je suis en Tunisie pour la première fois de ma vie, et je trouve ce pays absolument fabuleux. On m’a d’ailleurs proposé, il y a quelque temps, d’être l’entraineur de l’équipe nationale tunisienne de Karaté. Mais je suis surtout un militant de la première heure, je m’intéresse énormément aux jeunes, à leur difficulté  et à leurs besoins. Il est de mon devoir de français, de soutenir mes compatriotes français de l’étranger, en Tunisie comme ailleurs et me suis senti encore plus investi dans cette mission depuis le début du Printemps arabe. La communauté française  en Tunisie a vécu les évènements en même temps que les citoyens tunisiens, et a peut-être et sûrement été déstabilisée, au même titre que les Tunisiens. Ayant des racines maghrébines, j’ai ressenti que je pouvais certainement apporter ma contribution en suppléant  Alain le Moulec.

 

Pouvez-vous nous expliquer le parcours d’Alain Le Moulec, que vous soutenez ?

Alain Le Moulec, que j’ai décidé d’accompagner dans cette campagne, vit entre Dakar, Marrakech et Paris, où il dirige plusieurs entreprises, et notamment un restaurant de gastronomie française à Marrakech. Il est militant de l’association France unie.  Gaulliste de centre droite,  il est passionné par la politique, et fortement impliqué dans l’action de solidarité du milieu expatrié français. Il est concerné en priorité par les problèmes d’éducation, de santé,  de sécurité et de fiscalité des expatriés français. Nous nous sommes, par conséquent, surtout concentrés sur les écoles, et avons, tout au long de notre périple, essayé de comprendre quelles étaient les préoccupations les plus souvent soulevées par les parents. Il  est évident que la scolarité payante à l’étranger reste le souci majeur des parents, même en Tunisie post-révolutionnaire.

 

Quel est le message que vous voudriez faire passer à la communauté française de Tunisie ?

Le message est qu’il ne faudrait pas confisquer aux expatriés français ces élections… Nous avons désormais besoin de pragmatisme et non plus d’idéologie. Cela peut marcher en Métropole, quand les hommes politiques ont besoin de faire passer des lois, mais ici, l’objectif, c’est de porter les vraies questions des Français, notamment les conventions entre la France et la Tunisie, en matière de cartes de séjour, qui semble aussi être un problème récurrent. Ces conventions ne sont pas systématiquement appliquées, ce qui provoque aussi des pertes de temps et d’énergie auprès des administrations, pour certains de nos ressortissants qui ont choisi de vivre et de travailler dans ce pays, et pour lesquels cela représente de vraies difficultés. Il faut que ces conventions soient installées avec un système de réciprocité. Un Tunisien à Paris aura assez facilement sa carte de séjour, et même la nationalité. Il faut donc une vraie réciprocité.

 

Quel est votre position sur le Printemps arabe ?

Ma position sur le Printemps arabe, et ce depuis le début, c’est que, malgré toutes les circonstances actuelles difficiles et l’instabilité qui sont logiques dans un contexte postrévolutionnaire, il faut à tout prix laisser une chance à la démocratie de s’exprimer. La Tunisie a voté pour un gouvernement qui doit faire ses preuves.

S’ils réussissent, tant mieux, s’ils ne réussissent pas, les Tunisiens devront les sanctionner en toute logique aussi. Mais ce qui compte en tout premier lieu, c’est que les libertés soient respectées,  l’intégrité et les droits des citoyens tunisiens, et ce, quels que soient leurs sexes, leur âge, croyances ou origines. C’est aussi et surtout cela la démocratie. Mais il y va de même pour tout le Maghreb. La liberté de pensée, d’expression et de conscience, fait partie du patrimoine de ce Maghreb méditerranéen. Au Maroc, un parti a été mis en place, avec une certaine sensibilité, laissons les travailler, et nous verrons bien. L’Algérie aussi a fait son printemps arabe en avance, et a connu des échecs. Pour revenir à la Tunisie, et j’insiste, en tant que musulman sur ce point,  notre religion est une religion basée sur la tolérance l’ouverture et le respect de l’autre et quelles que soient ses convictions, ses appartenances. Le principe de liberté et de respect devant être les valeurs fondamentales d’un pays démocratique et sont d’ailleurs les valeurs du patrimoine culturel de la Tunisie et des Tunisiens.

 

Par Nadia Ayadi

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