La relance du tourisme à Bizerte sera-t-elle compromise ?

Riadh LahmarIl y a lieu de reconnaître que le tourisme n’a pas connu à Bizerte le succès et l’expansion remarquable qu’il mérite à l’instar d’autres villes et régions du pays comme Hammamet, Sousse, Monastir, Djerba et bien d’autres encore.

La ville de Bizerte ne manque certes pas d’atouts naturels et culturels qui plaident en faveur de l’implantation et du développement du tourisme qui implique l’aménagement des infrastructures hôtelières ainsi que la promotion des activités de nature à engendrer le développement.

En effet Bizerte bénéficie de plages de sable fin, de forêts, de vieux port de pêche, d’une Médina et aussi de traditions vivaces, d’un artisanat riche, d’un arrière-pays pittoresque…

Le nombre d’hôtels construits depuis trente ans est resté réduit, moins de 10, leur taille est modeste et leur standing moyen, si l’on excepte le Bizerta Ressorts, un 4 étoiles de grande qualité, bien conçu et réalisé de façon remarquable, il y a dix ans déjà.

Il est quand même dommage qu’une aussi belle ville ne puisse pas bénéficier des retombées positives d’une activité touristique prospère avec ce qu’elle génère comme création d’emplois, d’activités de services annexes, de recettes en devises, de dynamisation de l’activité économique en général : une production agricole de qualité et un artisanat particulièrement original.

Il fallait attendre un déclencheur, un déclic pour donner le signal de la relance touristique de la ville.

Ce déclic s’est produit avec la promotion du projet de la Marina de Bizerte : «Cap 3000».

Un investissement de l’ordre de 180MD avec aménagement d’un grand port de plaisance, de 900 anneaux, la construction de 300 appartements de luxe, un hôtel 5 étoiles de 220 lits, un centre commercial prestigieux, une promenade le long du port de 700m de long… 15.000 emplois directs et indirects à créer sur dix ans. Ce projet a été accueilli dans l’enthousiasme général en 2009 et 2010 en raison de son impact sur l’économie de la ville, sur le marché de l’emploi, et surtout grâce à son rôle de levier pour la relance de l’activité touristique. Le schéma du financement a été bouclé et les promoteurs ont largement entamé le chantier.

La construction de cette marina, avec un vaste port de plaisance pouvant accueillir des yachts de grande envergure jumelée avec des appartements de luxe, attire déjà des touristes étrangers désireux d’investir et de séjourner souvent sur place.

Or voici que cinq associations de protection de l’environnement et de sauvegarde du patrimoine ont tenu une conférence de presse le 26 mai 2012 pour dénoncer la composante immobilière de ce projet intégré «le Nautilus», un immeuble de 8 niveaux sous forme de vague tel Marina Baie des Anges à Nice.  Ils demandent des correctifs urgents au projet et prétendent qu’il y a non-conformité des travaux au cahier de charges souscrit par les promoteurs.

Ces associations se fondent sur les opinions exprimées par une association française spécialisée en sites, architecture et patrimoine suite à une visite sur place.

Celle-ci aurait exprimé des craintes écologiques relatives aux conséquences de l’édification d’un bâtiment de cette importance sur le canal d’accès au vieux port de pêche et à la vieille ville à partir de la mer.

Les associations estiment qu’il y a urgence pour les mesures à prendre afin d’éviter un impact durable sur le développement touristique et l’image de la ville.

La plainte déposée par les associations de sauvegarde a abouti à la désignation par le tribunal de deux experts qui, après la visite du chantier, déposeront un rapport.

En attendant, un Forum a été organisé pour l’association «Bizerta Fondation» ayant pour thème «Analyse des réalités et des perspectives du tourisme dans la région de Bizerte» avec la participation des promoteurs de la Marina alors que les associations de sauvegarde étaient absentes. Les promoteurs, dont M. Moez Ben Zid et son équipe, ont souligné la parfaite conformité de leurs travaux avec les plans approuvés par les autorités, les études d’impact écologiques ainsi que le respect des dispositions contenues dans le cahier des charges.

Ils ont affirmé notamment que les digues sont construites sur pilotis, ce qui permet la libre circulation de l’eau du côté du vieux port. Il ont également promis la mise en valeur du site du vieux port de pêche et entre autres sa dépollution, car actuellement il y a déversement des eaux usées de la zone ouest de la ville.

Le consensus auquel a abouti le débat consiste en la nécessité de moderniser les infrastructures touristiques, et faire évoluer et émerger de nouveaux produits touristiques à Bizerte en tirant profit des avantages et bienfaits de la Marina.

Il y a certainement une solution de compromis et d’entente à trouver pour que ce projet soit mené à terme rapidement, tout en respectant l’écosystème, en assurant la relance touristique et culturelle du vieux port et de la Médina de Bizerte.

 

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UIB : croissance de 26,3 % du PNB

Les comptes de l’exercice 2011 de l’UIB laissent apparaître une progression du produit net bancaire de 15% par rapport à l’exercice 2010 pour atteindre 140MD, alors que les prévisions étaient de 133MD. Le coefficient d’exploitation s’est également amélioré, soit 55% contre 56,3% en 2010. Les provisions ont également augmenté, passant de 27MD en 2010 à 32MD en 2011. Le résultat net a progressé de 25,2% par rapport à 2010 pour atteindre 23,3MD contre 18,6MD en 2010.

Ces résultats ont été approuvés lors de l’Assemblée générale ordinaire du 14 juin. Le management de l’institution bancaire a confirmé les réalisations de la banque durant les 5 premiers mois de l’année 2012 qui font état d’une croissance de l’ensemble des marges de la banque de plus de 27%.

C’est ainsi que le produit net bancaire a connu une croissance de 26,3% pour atteindre 68,6MD, ce chiffre représente déjà 46% de l’objectif que la banque s’est assignée pour l’ensemble de l’année 2012.

Enfin, le résultat d’exploitation de l’UIB a connu une croissance de 41,5% pour atteindre 20,945MD.

Il y a là des performances remarquables pour une institution qui évolue dans une conjoncture politique et économique plutôt maussade dans l’ensemble du pays. 

 

ICF : augmentation de capital

Les industries chimiques du Fluor viennent d’augmenter leur capital social en numéraire de 12 millions de DT, suite à la décision de l’Assemblée générale extraordinaire du 29 décembre 2011. La souscription a été ouverte le 10 avril 2012 selon le prospectus d’émission approuvé par la CMF le 23 mars 2012.

Il y a eu émission de 1.200.000 actions d’un nominal de 10 dinars chacune souscrite et libérée totalement en numéraire au prix de 10 dinars avec libération du ¼ à la souscription.

 

Monoprix : réalisation de l’augmentation du capital

L’augmentation du capital de Monoprix de 5.547,048D, décidée par l’AGE du 17 mai vient d’être réalisée : le capital est passé de 27.735,240D à 33.282,288D par l’émission de 2.773,524 actions gratuites au nominal de 2 dinars chacune à raison d’une action nouvelle gratuite pour cinq anciennes. Les nouvelles actions porteront jouissance en dividende à partir du 1er janvier 2012.

Elles sont admises et négociables en Bourse depuis le 4 juin 2012 sur la même ligne de cotation que les anciennes et ce dès leur création.

 

Extension de l’usine TIS circuits

SAGEM avait implanté en 2002 une usine de fabrication de circuits électroniques à Ben Arous qui a connu une expansion remarquable au fil des années.

Cette usine a été reprise par un groupe international “TIS circuits” qui est le 3ème opérateur hightech en France, classé au 8ème rang européen, spécialisé dans la fabrication de produits électroniques de grande qualité. Son président, M. Bruno Racault, était récemment en visite en Tunisie pour participer à l’inauguration de l’extension de l’usine lors d’une cérémonie présidée par M. Lamine Chakhari, ministre de l’Industrie.

Lors de sa visite, le ministre a exprimé son admiration pour l’organisation de l’usine et la qualité des produits conçus et fabriqués, il a félicité les responsables pour leur volonté de développer leurs investissements en Tunisie.

En effet l’usine, orientée vers l’exportation et qui compte déjà 1400 emplois, a prévu dans son business-plan de créer 500 nouveaux postes à l’horizon 2013.

Il s’agit souvent de techniciens, d’ingénieurs et de cadres tunisiens compétents dans les secteurs de l’électronique et des télécoms encadrés par un personnel français.

 

Investissements et partenariat tuniso-algériens

Les échanges commerciaux entre la Tunisie et l’Algérie se sont élevés en 2011 à 890MD d’importations et 656MD d’exportations. Tandis que 517 entreprises tunisiennes se sont implantées et ont investi en Algérie à la fin 2011.

Cependant il y a encore de grandes opportunités à saisir sur le marché algérien et les potentialités de développement des échanges commerciaux sont multiples ainsi que les perspectives de partenariat industriel.

Nos amis Algériens sont demandeurs d’investissements tunisiens à forte valeur ajoutée et sont venus chez nous pour présenter les avantages fiscaux comportant des exonérations en faveur des investisseurs étrangers. Les institutions bancaires accordent sur place des crédits bancaires et le climat de stabilité sociale favorise l’implantation de projets novateurs.

La Chambre de commerce tuniso-algérienne présidée, par M. Othmen Moncef Saïd, a plaidé en faveur d’un partenariat étroit entre les deux pays. Cependant une circulaire du Premier ministre algérien impose aux investisseurs étrangers une majorité de 51% au capital en faveur d’investisseurs algériens pour l’implantation de projets industriels étrangers en Algérie.

Ce qui suscite plusieurs interrogations de la part des investisseurs tunisiens – trouver des partenaires algériens disposés à investir avec eux, répartition de la responsabilité, de la gestion de l’entreprise avec des associés majoritaires… C’est pourquoi de 2002 à 2011 seulement 29 entreprises industrielles tunisiennes se sont implantées en Algérie, selon l’agence algérienne de l’investissement.

 

TPR : augmentation de capital

La Société Tunisie profilés Aluminium, présidée par M. Tahar Bayahi, vient de décider lors de son Assemblée générale extraordinaire du 4 juin d’augmenter son capital social de 2MD pour le porter de 42 à 44MD et ce par incorporation de la réserve spéciale d’investissement.

Cette augmentation du capital est réalisée par l’émission de 2 millions de nouvelles actions gratuites d’un nominal de 1 dinar chacune. L’attribution se fera au profit des détenteurs des 42 millions d’actions qui constituent le capital social actuel, à raison d’une action nouvelle gratuite pour 21 actions anciennes à partir du 25 juin 2012.

La jouissance en dividendes se faisant à partir du 1er janvier 2012. Les actions anciennes TPR seront négociables en Bourse à partir du 25 juin ainsi que les nouvelles sur la même ligne de cotation et assimilées dès leur création.

Ridha Lahmar

 

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