La côte du corail

Nous sommes persuadés qu’un des prochains – très – grands chantiers tunisiens sera la construction d’une grande route côtière joignant Bizerte à Tabarka avec pour objectif la mise en valeur de la région du littoral Nord. La Côte du corail «répondrait» à la Côte d’Azur !

 

Constatations

La Côte du corail, bien qu’exposée aux vents de secteur Nord, offre une succession de plages magnifiques. Davantage que sur la «Côte d’Azur» ! L’arrière pays, aux collines boisées ou couvertes d’un maquis méditerranéen, parfumé, parsemé de villages et de petits bourgs, ne connaît aucune pollution industrielle ni urbaine, puisqu’il est encore le pays d’une agriculture et d’un petit artisanat traditionnels.

Malgré de gros efforts de boisement et de développement de l’élevage en particulier, la région du littoral côtier reste à mettre en valeur. Ses habitants semblent y être prêts.

A l’Ouest de Bizerte, les plages de Ras Angela, Ras Ben Seka – le point le plus au Nord de l’Afrique ! – Ras El Koran, la superbe installation balnéaire appelée : «L’Iris», Cap Serrat, Sidi Mechreg et les plages voisines de Tabarka commencent à être aménagées, connues et fréquentées.

Il en a bien d’autres, que des initiatives locales aménagent peu à peu : Ras H’mem, Kef Abbed, La Louka, Fej Errih, Cap Negro, Zouara, etc.

De nombreux petits sites historiques parsèment la région. C’est le pays des «Haouanet» : des tombeaux rupestres préromains.

La nature préservée offre une biodiversité remarquable. Au pied de Jebel Chitane, voisin de Sidi Mechreg, une des deux ou trois tourbières de la Tunisie, est protégée. Sa faune et sa flore sont étonnamment variées. La mer, très poissonneuse, est le paradis des pêcheurs et des plongeurs.

La faune, des bois et des sous-bois, attire les chasseurs. Les lacs de retenue des barrages séduisent une avifaune diversifiée et sont empoissonnés. On y rencontre quelquefois de petits groupes de randonneurs.

 

Suggestions

Toute cette région nous semble pouvoir, dès maintenant, s’ouvrir à un écotourisme culturel durable et rentable.

Des randonnées équestres, en particulier, longeant la côte, pourraient être facilement organisées durant 7 à 8 mois de l’année : de mars à octobre. La distance Bizerte – Tabarka étant de l’ordre de 200 kilomètres, les randonnées pourraient intéresser deux secteurs d’une centaine de kilomètres chacun et qui se rejoindraient à Cap Serrat. Des chevaux entraînés, peuvent parcourir normalement 20 kilomètres tous les jours. Nous pensons spécialement aux chevaux locaux remarquables : les poneys des Mogods. Chaque secteur pourrait être parcouru en 5 jours.

Tous les soirs, les bêtes trouveraient à boire et à manger chez un agriculteur, contacté au préalable. Un véhicule tout terrain amènerait, la nourriture et le matériel de camping.

Puisqu’une journée de randonnée équestre coûte, en France, en moyenne, 100 €, les journées tunisiennes pourraient être concurrentielles à raison de 100 DT ! Un groupe de 10 touristes «rapporterait» 5.000 DT par randonnée. Les jours d’arrivée et de départ pourraient être consacrés à la visite de Carthage, Kairouan, etc, et vaudraient le même prix. 7.000 DT par semaine serait un revenu brut intéressant !

Les «raids» équestres pourraient être «agrémentés», à la belle saison par des baignades, des soirées sur une plage ou d’une partie de pêche. En toutes saisons, l’observation de la flore et de la faune, de l’avifaune, en grande partie endémique, en particulier et la photo animalière sur des sites aménagés pourraient être pratiquées avec intérêt. Les contacts avec la population locale permettraient de «vivifier» l’artisanat, en particulier, celui très original de la poterie féminine de Sedjenane, décorée de motifs traditionnels.

En même temps, randonneurs, à pied ou en V.T.T., chasseurs, pêcheurs en mer ou dans les lacs des barrages, campeurs, baigneurs, amateurs de curiosités naturelles ou de vestiges historiques arpenteraient la région.

Il est essentiel d’intégrer ce tourisme «durable», parce qu’il n’agresse pas l’environnement, dans un développement qui pourrait être «durable». Les paysans tireraient profit de la présence d’acheteurs éventuels et de consommateurs potentiels de fromages, de laitages, de viande, de divers tissages de laine, de fruits, de légumes, de miel, etc.

Les pistes fréquentées par les touristes cavaliers ainsi que les sites intéressants à l’observation de la Nature et pour la réalisation de photos pourraient parfaitement être utilisées aussi par les touristes nationaux. Cela multiplierait le nombre d’acheteurs et de consommateurs de produits locaux. La fréquentation de la région justifierait, plus tard, la construction de routes menant à des plages dont l’aménagement et la mise en valeur créeront obligatoirement un nombre certain de postes d’emploi.

Nous pensons que, sans attendre un plan gouvernemental qui ne saurait tarder, le lancement d’activités touristiques ne dégradant pas l’Environnement, utilisant les produits et les ressources locales et ne nécessitant pas d’investissements importants pourrait être mis en œuvre par la population locale à … son plus grand profit.

 

Roland & Alix Martin

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