Djerba,Danse à l’Île

A la musique, aux arts plastiques, le Centre international Dar Cherif à Djerba, nouvellement pourvu de 3 plateaux de danse, a ajouté un festival portant le nom de «Danse à l’île».

 

Sous la houlette du chorégraphe Imed Jemâa, ce festival s’est implanté depuis l’année dernière,  né de l’envie de créer autrement en s’appuyant sur les potentialités vives de la chorégraphie locale et contemporaine. Il se veut accessible au large public, qu’aux professionnels et amateurs sélectifs,  l’un de ses nombreux mobiles est de décentraliser les événements trop souvent concentrés dans la capitale. 

L’un des atouts de ce festival repose sur la rencontre des différentes personnalités artistiques, des jeunes danseurs enthousiastes ont croisé leurs expériences aux professionnels rompus aux scènes internationales du Centre chorégraphique méditerranéen, dirigé par Imed Jemâa.

Quatre jours durant, du jeudi 24 mai au dimanche 27, les fidèles  de Dar Chérif et autres spectateurs ont découvert des spectacles de danse contemporaine dont 3 créations, des courts en solo et longs en groupe. Etonnants de modernité, les sujets ont capté l’attention, interrogé les consciences et séduit l’assistance.

Citons «Nhar Rah» (La journée est finie)  de Imed Jemâa, un sujet d’actualité, qui traite de la révolution et sa suite, dernier discours du président déchu, sur fond de tirs de mitrailleuse, des danseurs qui se déplacent en rond, en diagonale, courent, s’arrachent les vêtements, se battent, mangent des restes , criant «Jiâan» (J’ai faim), violence, démonstrations de cruauté , vibrations, inhumanité, au milieu du tumulte, l’homme revient à un état animal. Angoisse, frissons dans la salle, ça interpelle et donne lieu à des discussions après le spectacle. D’autres spectacles ont provoqué rires ou douleur, Hang par les danseurs du CCM, Nafak, de Marwan Errouine. Meilleure raison, dansé par Karim Touwayma, etc. Partager est  l’un des buts avérés de Imed Jemâa, qui, a organisé un atelier et des stages à la Maison de la culture de Houmt Souk. Des jeunes ont afflué,  apparemment fort intéressés au point qu’Imed Jemâa, pense s’installer en résidence dans l’île et y monter une compagnie. «Le nombre de participants, leur intérêt pour la danse contemporaine, m’encourage à aller loin avec eux» indique-il.          

 Aussi, ce festival vient combler un vide dans l’île qui ne manque pas de potentialités mais d’espaces consacrés à la chorégraphie et à la danse contemporaine, danse sous entend toutes formes associées à l’élaboration de spectacles, danse, vidéos, musique, etc. «Créer en région, c’est installer une plateforme pour partager une même conception, une même passion» ajoute Jemâa.

Cette édition de «Danse à l’Île»  a  rencontré un accueil enthousiaste, son atout majeur repose sur la rencontre des différentes personnalités artistiques présentes et sur la rencontre des artistes  avec les habitants de l’île.

 

Hamma Hannachi

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