Consternation

Le drame de la politique, c’est qu’elle se venge toujours de celui qu’elle a hissé  très haut, elle abîme les caractères et finit toujours par donner un sacré coup au moral, l’intelligent est celui qui flirte avec mais ne passe jamais à l’acte. Un grand commis de l’Etat vient de vivre cette expérience à ses dépens. Parmi les malmenés de TUNISAIR, j’en connais trois qui n’ont jamais trempé dans la moindre corruption ou malversation. Et parmi les trois, je peux nommer au moins deux pour laisser place, en ne nommant pas le troisième, à la présomption d’innocence  pour tous les autres. Béchir Ben Sassi, ce fils de grande famille a servi son pays en vrai professionnel et surtout en honnête homme. Le deuxième que je ne peux m’empêcher de nommer est si Ahmed Smaoui, ce commis de l’Etat de gros calibre. Sa longue et brillante carrière est reconnue par deux générations. Après tous les services rendus à la nation depuis des décennies, si Ahmed Smaoui mériterait plutôt  d’être décoré de la Légion d’honneur. Plus développeur que lui, serait insensé ! Personne ne pourra contester que la justice transitoire doit avoir lieu, et là il s’agit de fond. La forme aurait voulu que l’on convoque des acteurs pour témoigner, pour s’expliquer, mais point besoin de les maltraiter. Si nous voulons emprisonner tous ceux qui n’ont pas pu dire non à Ben Ali, il va falloir transformer quelques hôtels deux étoiles en prisons. C’est curieux de ne voir prononcer aucune condamnation depuis plus de dix huit mois à la Banque centrale, cette institution qui a vu s’effectuer pendant des années des transferts d’argent sale, de lingots d’or. Cette institution qui porte en son sein des banquiers qui ont consenti à des proches de ZABA et leurs enfants des crédits colossaux sans la moindre garantie. Là, était l’urgence, car il s’agissait de l’argent qui a corrompu, qui a écrasé, qui a acheté, qui a pourri, qui a tué ! Mais maltraiter des personnes dont on est certain qu’ils n’ont  pas cherché à s’enrichir personnellement, n’est certainement pas une priorité. Dites-moi ce que vous possédez, je vous dirai qui vous êtes. Maintenant, si la stratégie est d’occuper la galerie, en fermant les yeux sur les grands scandales des privatisations, sur les grands scandales d’annulation de dettes, les choses auraient un autre sens. Quel dommage et quel gâchis, Ennahdha avait une occasion unique de démontrer au monde que l’on pouvait compacter Islam et gestion des affaires, que l’Islam, le vrai, le bon, est une école de justice, de transparence et d’égalité !!!

 

Quel étrange bégaiement de l’histoire. Hier, c’était Bush qui, pour ses petits plaisirs et pour surmonter ses complexes, a déclenché une guerre fratricide en Irak, en tuant des centaines de milliers, en laissant sur le trottoir des centaines de milliers de blessés et en condamnant pour des générations le peuple d’Irak à ne jamais s’unir. Pour atteindre ses objectifs, il a eu besoin de la complicité des arabes et les dictateurs de l’époque l’ont presque tous suivi en montrant patte blanche. Parmi les complices du sanguinaire Bush, certains n’ont pas raté l’occasion de toucher leurs dividendes comme Blair, Rumsfeld et Chenney. Aujourd’hui, Sarkozy qui, après avoir fait ami ami avec Kadhafi, Zaba et Moubarak, s’est rappelé tout d’un coup qu’il y avait des valeurs humanitaires à défendre, et là avec les mêmes arabes d’Irak, avec le même machin qu’est l’ONU, avec les mêmes intérêts financiers à en tirer, une guerre a eu lieu, certes avec moins de dégâts humains, mais avec la même hypocrisie et le même cynisme. Le généralissime ordonnateur de cette guerre Libyenne lui, avait tout imaginé à l’avance, BHL a effectué tous ses déplacements avec un caméraman pour se faire filmer et certainement pas pour venir en aide au peuple libyen. Car il avait en tête de réaliser un film, et le film fût réalisé, on y voit plus BHL que n’importe quel autre acteur de la tragédie, voici un premier profit tiré, la justice française va très prochainement se prononcer sur les cinquante millions d’Euros de Kadhafi qui auraient financé la campagne présidentielle de 2007, et là est un autre profit tiré !! L’histoire n’a pas fini de bégayer.

 

Par Zouhair  Ben Jemaa

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