La pagaille au FLN

En Algérie, depuis les élections législatives du 10 mai, le Front de Libération Nationale (FLN) est en proie à une crise ouverte au sein de sa direction. Abdelaziz Belkhadem est la cible d’une fronde sans précédent dont l’objectif est de destituer le Secrétaire général.

 

La large victoire du Front de libération nationale (FLN) aux législatives algériennes n’aura pas apaisé la colère d’une partie de ses cadres et de ses militants. Annoncée houleuse, la réunion du Comité central — plus de 300 responsables du parti — qui a eu lieu à Alger les 15 et 16 juin a tenu ses promesses. Et même si le Secrétaire général, accessoirement  ministre d’Etat et représentant personnel du président Abdelaziz Bouteflika, a évité la destitution, la crise marquera à jamais l’histoire du parti.

 

La genèse d’une fronde

Le vendredi 15 juin… Abdelaziz Belkhadem est accueilli sous les huées d’une partie de l’assistance à son arrivée au Comité central. Depuis des mois, le Secrétaire général du FLN est durement critiqué. Une fraction du parti réclame son départ. Dès le mois de mai, des membres de la direction  (près de 200 sur 345) avaient annoncé leur intention de lancer une procédure de destitution contre lui. Ils l’accusent d’avoir «exclu les symboles» du parti des listes des législatives du 10 mai. Sa «gestion autoritaire» du parti est également critiquée. Le groupe, rapidement médiatisé, se fait appeler «Réforme et Authenticité». La large victoire du parti n’entame en rien sa volonté. Rapidement, le premier couac porte sur l’ordre du jour. Belkhadem entend maintenir trois volets : l’évaluation des résultats des législatives, la préparation des locales et l’examen des affaires organiques et l’adoption du budget du parti. Les «frondeurs» campent sur leur position. Ils exigent un seul point à l’ordre du jour : le vote du retrait de confiance à M. Belkhadem. «La question sera réglée lors de ce comité. Il n’y a pas de doute là-dessus, soit par sa démission volontaire, soit par les urnes», avait alors déclaré leur porte parole, Boudjemama Haïchour. Mais le Secrétaire général du FLN contre-attaque…en interdisant à seize membres de participer au Comité central.

 

La contre-offensive

Malgré les huées, Belkhadem est reconduit. C’est du moins le constat fait par l’agence algérienne APS. Selon le patron du FLN, le Comité central, l’instance suprême du parti, lui a renouvelé sa confiance par 221 voix sur 333 à l’ouverture de sa réunion à huis-clos. Faux, rétorquent les contestataires qui l’accusent d’avoir «opéré un coup d’état organique». «Il n’y a pas eu de vote lors de cette réunion. Dès son ouverture, les partisans de Belkhadem ont affirmé être en possession d’une liste, validée par un huissier de justice, de plus de 200 membres du Comité central favorables à son maintien à la tête du parti», a déclaré à l’AFP, M. Haichour. Dans tous les cas, la crise passée, Abdelaziz Belkhadem qui aurait bénéficié du soutien du président algérien est aujourd’hui  quasiment assuré de devenir le prochain candidat du FLN à la présidentielle de 2014.

 

A.T

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