Economie
Publié le 05/04/2012
CONECT voit plus loin: La responsabilité sociale de l’entreprise (RSE)

Débattre de la responsabilité sociale de l’entreprise serait-il judicieux dans cette conjoncture de crise ? Devrait-on se pencher plutôt sur les moyens de redresser nos PME. La Révolution a changé l’ordre des préoccupations de nos entreprises.




En effet, les mouvements sociaux déclenchés depuis la Révolution ont mis à nu leur mauvaise gouvernance notamment en ce qui concerne leur rôle social envers leur personnel et l’environnement dans lequel elles opèrent. En effet, un grand nombre d’entreprises implantées dans différentes régions depuis des dizaines d’années n’ont aucune idée sur le monde qui l’entoure : société, environnement et culture. Cela a fait que pendant la Révolution, pas seulement le personnel, mais toute la région s’est levée contre elles. La Confédération des Entreprises Citoyennes de Tunisie, CONECT,  a choisi de débattre dans sa première conférence internationale de la Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE) en Tunisie. «Une refonte totale et urgente des modèles de développement et des approches et critères d’évaluation des projets» c’est l’appel de Tarak Cherif, président de la CONECT. Afin de faire participer les différentes parties prenantes de la RSE, la confédération a sollicité en premier lieu les trois centrales syndicales, à savoir l’UGTT, la CGTT et l’UTT, les chefs d’entreprises et les experts du domaine. Notre pays est en plein processus de réforme, et cela concerne l’économique aussi. Il faudrait peut être commencer selon M. Tarek Chérif, par la mise en place de nouveaux modèles de développement et de nouvelles approches pour l’évaluation des performances des entreprises. Cette évaluation se fera entre autres sur les pratiques citoyennes liées au développement durable, au développement régional, au respect de l’environnement.

«Les modèles de développement basés sur l’ouverture économique et la mondialisation ont certes été à l’origine de l’amélioration du degré de compétitivité économique des entreprises, mais ces même modèles ont aussi contribué à l’approfondissement des déséquilibres économiques et sociaux en accentuant les écarts entre les régions et entre les catégories socioprofessionnelles», estime M. Chérif. La RSE selon les experts économiques, «c’est l’intégration volontaire par les entreprises de préoccupations sociales et environnementales à leurs activités commerciales et leurs relations avec leurs parties prenantes.

La démarche consiste pour les entreprises à prendre en compte des impacts sociaux et environnementaux de leur activité sur la société et sur l’environnement et en trouver des solutions».

 A titre d’exemple, l’industrie du phosphate, un secteur bloqué depuis un an et plus à cause des sit-in. Il s’est avéré que cette industrie n’a cessé depuis des décennies d’affecter son environnement et la santé des ouvriers  des mines et des usines de production. L’impact sur la santé des habitants était réel sur la base de diagnostics effectués par des experts. Avec le tourisme, le secteur des phosphates est l’un des principaux pourvoyeurs de devises.

 D’ailleurs nous sommes le cinquième producteur mondial de phosphate. Prendre des mesures pour améliorer la qualité de vie de la région est une nécessité pour la survie de cette industrie.

Les entreprises doivent être conscientes des dangers qu’elles peuvent engendrer dans leur environnement immédiat et des conséquences négatives de leurs activités sur l’homme.

A l’international notamment dans la communauté européenne, des codes de conduite ont été adoptés pour rendre l’entreprise responsable de l’environnement dans lequel elle opère.

Qu’en est-il chez nous ? Rien de concret. Alors pourquoi pas la mise en place d’un label RSE, selon des normes et des critères bien définis. C’est l’une des recommandations de cette conférence. Le CONECT se veut une organisation qui innove, qui apporte sa consolidation aux entreprises en instaurant de nouvelles pratiques qui garantissent leur pérennité et la préservation de l’environnement. Ce ne sont que des idées, la concrétisation demandera la contribution de l’Etat, des syndicats et des entreprises. 

N. J.
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