L’UGTT s’accroche à la hausse des salaires

Par - 12 Oct 2017

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Très critique est l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT) à l’égard du gouvernement d’union nationale et de sa gestion de la crise économique et celle des caisses sociales. La centrale syndicale s’est aussi attaquée au projet de loi de Finances 2018 qui, selon les fuites, sera axé sur plusieurs hausses d’impôts. « Nous refusons de construire un texte au détriment des salariés et des citoyens. Le projet de loi de Finances doit comprendre un large volet social. Une politique sociale plus juste doit être mise en place. Le poids fiscal, pour sa part, doit être allégé, puisqu’il n’a eu de cesse d’augmenter depuis 2011. Toute forme d’amnistie fiscale et sociale doit être mise à l’écart », souligne la centrale syndicale dans un communiqué rendu public ce jeudi 12 octobre 2017.
Si elle a fini par accepter l’augmentation de l’âge légal de départ à la retraite, l’UGTT campe, en revanche, sur ses positions en ce qui concerne la hausse des salaires dans le secteur privé. « Les salariés du secteur privé doivent en profiter, comme ça a été le cas pour ceux du secteur public. L’Union Tunisienne de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat (UTICA), ainsi que les Chambres qui lui sont liées, doivent respecter leurs engagements », soutient la centrale syndicale qui aborde, par la suite, la privatisation des entreprises publiques. Sur ce point, son refus est catégorique. « Une ligne rouge à ne pas dépasser », déclare-t-elle. En revanche, les entreprises publiques doivent bénéficier des mêmes avantages accordés à leurs pairs du secteur privé, notamment en terme d’avantages fiscaux. « L’objectif est de préserver la souveraineté du pays et de garantir l’avenir des générations futures », assure la centrale syndicale.

L’UGTT accuse le gouvernement
Par ailleurs, l’UGTT estime que la situation catastrophique des caisses sociales est causée par « les choix économiques erronés et par les supposées réformes structurelles ». Elle met également en cause les politiques de l’emploi et dénonce l’évasion fiscale. « La commission issue du Contrat Social doit pouvoir se pencher sur le sujet. Il y a une nécessité à mettre en place des solutions pour créer un équilibre entre les caisses, pour garantir la continuité de leurs services et protéger les acquis des adhérents », peut-on encore lire dans le communiqué de l’UGTT. C’était également l’occasion pour cette dernière de critiquer, non sans véhémence, l’incapacité du gouvernement d’union nationale à stopper la dégringolade du pouvoir d’achat des citoyens. Elle s’interroge, également, sur le silence de l’Exécutif concernant la flambée des prix des biens de consommation et la propagation de la contrebande.
La centrale syndicale appelle, d’un autre côté, à se pencher sur les problèmes rencontrés par l’éducation et la santé, mais également à prendre au sérieux la question de l’émigration clandestine, particulièrement sur l’incident de Kerkenah. Une enquête doit être ouverte selon l’UGTT pour éviter que des incidents comparables aient lieu à l’avenir.

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