Faycel Derbel : « 2018 sera l’année du décollage économique ! »

Par - 11 Août 2017

derbel-11082107Le projet de loi de finances 2018 est sur toutes les lèvres dans ce contexte de crise économique aiguë. Invité dans Expresso de ce vendredi 11 août 2017, Faycel Derbel, conseiller économique auprès du Chef du gouvernement Youssef Chahed, a évoqué les grandes lignes du futur texte qui sera axé, entre-autres, sur la lutte contre l’évasion fiscale.
Le conseiller rappelle que le budget de l’État 2017  a besoin d’être comblé, vu qu’un déficit énorme a été créé en raison des « dérapages » observés dans les subventions du carburant à titre d’exemple, provoqués par la chute du dinar. « Le déficit à combler est énorme, mais je ne dispose pas des chiffres exacts pour le moment », dit-il. Le service à la dette s’est aggravé, toujours à cause du cours du dinar sur le marché des changes selon le conseiller. « Les dettes ont augmenté de 1 milliard de dinars à cause de la chute du dinar », explique-t-il.

Soutien des entreprises d’un côté, hausse de la TVA de l’autre
La loi de finances 2018, selon Faycel Derbel, doit comprendre « les ingrédients de la relance économique ». « Elle sera une loi facile à lire, ni encombrante, ni encombrée », affirme-t-il, ajoutant qu’il sera même possible de tabler sur une croissance économique de 3 à 3,5% pour 2018. « C’est faisable », ajoute-t-il.
Sur la question des entreprises, le conseiller économique insiste sur la nécessité de les soutenir. « Seules les entreprises en règle et qui payent leurs impôts seront épaulées », prévient-il, ajoutant qu’une chasses aux fraudeurs et aux évadés fiscaux sera lancée. Le projet de loi de finances 2018, selon Faycel Derbel, devrait également mettre l’accent sur l’exportation et l’entrepreneuriat. Il précise, par la suite, que la TVA pourrait connaître une augmentation de l’ordre de 1 point.

Finances publiques : « il n’y a pas de faillite »
D’autre part, le conseiller a été interpellé sur les récentes déclarations du ministre des Finances par intérim, Fadhel Abdelkefi, sur l’état des finances publiques. « Sa deuxième déclaration n’a pas contredit sa première, elle l’a complétée et remise dans son contexte », affirme le conseiller, qui reconnaît que la situation économique est critique.
Cependant, nul besoin de dramatiser selon lui, qui condamne l’usage du terme « faillite ». « C’est faux de parler de faillite ! », lance-t-il, assurant que la situation économique actuelle – exceptée celle du dinar et des réserves en devises – est meilleure que celle de 2016. « Jusqu’au 31 juillet 2017; les recettes fiscales ont augmenté de 15% par rapport à la même période en 2016, et de 8,8% sans comptabiliser la contribution exceptionnelle de 7,5% des entreprises », soutient Faycel Derbel, qui précise que les recettes de la TVA, pour leur part, ont augmenté de 17% en 2017 par rapport à 2016.
La hausse des recettes fiscales, poursuit-il, s’explique également par les gros efforts déployés dans le recouvrement des dettes suspendues. Ce travail a permis de récupérer quelques 888 millions de dinars jusqu’en juillet 2017. Et c’est sans compter les recettes douanières qui, de leur côté, ont été multipliées par 5 selon le conseiller économique. Le commerce extérieur s’est aussi amélioré selon Faycel Derbel, puisque les exportations ont augmenté de 15,9% en 2017, alors qu’elles avaient baissé de 0,5% en 2016. « Il reste juste la problématique du dinar et des réserves en devises », concède-t-il.

2018 : l’année du décollage ?
Concernant la croissance économique, Faycel Derbel espère que celle-ci restera stable au troisième trimestre de 2017 – rappelons qu’au premier trimestre de l’année, elle a été de 2,2% -. « Le second trimestre a été délicat, en raison des difficultés rencontrées par le secteur touristique. Le secteur des hydrocarbures a connu plusieurs révisions, ce qui peut également affecter la croissance », explique le conseiller économique.
L’année 2018, en revanche, sera celle du décollage, selon Faycel Derbel. « Pour y arriver, nous aurons besoin d’un appui : les partenaires sociaux, notamment l’UGTT et l’UTICA, doivent se mettre côte à côte avec tout le monde, et c’est dans ce cas que la Tunisie pourra décoller en 2018 », affirme-t-il encore.

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