Stratégie Afrique : Passer à la vitesse supérieure

Nous parlons de l’Afrique subsaharienne depuis 2008-2009, comme un possible moteur de croissance susceptible de se substituer aux défaillances des marchés de l’Union européenne, actuellement en situation de crise économique et financière.
Donc, comme une “roue de secours provisoire” en attendant que les marchés des pays européens recouvrent une véritable santé économique de nature à tirer nos exportations vers le haut.
Sachant que le taux moyen de croissance économique sur le long terme est de l’ordre de 6% par an, que le potentiel de croissance démographique de ces pays est énorme, avec une classe moyenne et urbaine émergentes, qui recèle des besoins innombrables, tandis que les Etats africains mijotent des programmes ambitieux qui nécessitent des partenariats extérieurs multiformes dans différents secteurs d’activité.
Infrastructures de base, institutions de santé et d’éducation, divers secteurs industriels, télécoms.
Nous devons tirer profit de l’expérience capitalisée par certaines sociétés de commerce international tunisiennes qui exportent avec bonheur depuis vingt ans sur certains pays africains, ou encore bénéficier des conseils de plusieurs bureaux d’études tunisiens et sociétés de bâtiment qui ont remporté des marchés en Afrique.
Nous commençons à peine à agir de façon efficace en vue de conquérir en partie, quelques marchés africains, alors que certains pays concurrents s’y sont installés depuis dix ou quinze ans, mais rien n’est perdu si nous sommes capables d’élaborer et de mettre à exécution une véritable stratégie en Afrique.
Les voyages récents du Chef du gouvernement, accompagné de plusieurs dizaines de chefs d’entreprises dans plusieurs pays africains, ouvrent la voie aux projets de partenariat et à l’implantation dans ces pays.
Parce que nos moyens sont limités et que nous ne pouvons pas aller partout à la fois nous devons d’abord choisir dix à quinze pays africains sur lesquels nous devons concentrer nos efforts de conquête des marchés, là où nous sommes capables de faire preuve de synergie et pour lesquels nous disposons d’avantages compétitifs.
Par exemple l’Afrique de l’Ouest : parce qu’elle est francophone ce qui permet des facilités évidentes de communication, elle est plus accessible par mer, donc pour des considérations logistiques, là où l’image de notre pays est positive, parce qu’il y a eu des relations historiques ou parce que certaines entreprises tunisiennes s’y sont distinguées récemment.
Il est nécessaire de créer une structure administrative auprès du Chef du gouvernement chargée d’élaborer et de veiller sur l’exécution de la stratégie Afrique avec rang de secrétariat d’Etat.
Pourquoi auprès du Chef du gouvernement ? Parce que son rayon d’action sera horizontal et concernera plusieurs ministères : Commerce, Industrie, Finances, Agriculture, Investissement extérieur, BCT, Affaires étrangères, Transport,…
La mission fondamentale de cette structure consiste à coordonner les différentes actions à entreprendre dans le cadre de cette stratégie Afrique pour ne pas aller dans le désordre comme on le fait maintenant, car cela serait contre-performant sur le plan des résultats à escompter.
Exemple : est-il logique de créer une desserte aérienne régulière avec un pays où nous n’avons pas d’ambassadeur permanent, ni de consulat et avec lequel le visa est nécessaire pour entrer dans le pays ? Ou bien s’il n’y a pas d’accord commercial pour éviter les taxes douanières entre les deux pays ou pas de convention de garantie pour l’investissement. Il faudrait alors se dépêcher pour les conclure.
Il est indispensable qu’une grande banque publique à créer à partir de la participation des trois banques publiques actuelles en y ajoutant le produit de la vente à la BUMT des participations minoritaires de l’Etat dans les sept banques privées tunisiennes.
Cette banque aura pour objet d’ouvrir une agence dans chaque capitale économique de pays africain ciblé par la stratégie, afin de financer les entreprises tunisiennes qui s’installeraient dans tel ou tel pays.
La diplomatie économique doit être active mais coordonnée et professionnelle : le conseiller économique ou commercial ne doit pas attendre les visites des chefs d’entreprises tunisiennes de passage pour bien vouloir les recevoir mais “bouger” : chercher et trouver les informations utiles aux acteurs économiques tunisiens et les transmettre aux institutions tunisiennes idoines, faire suivre appels d’offres et intervenir pour résoudre les problèmes, administratifs, des projets à réaliser “ouvrir les portes”, établir de bonnes relations avec l’Administration et la classe économique du pays d’accueil.
Le transport aérien avec Tunisair s’est orienté dans la bonne direction et doit maintenir le cap mais nous devons trouver une solution pour la COTUNAV qui devrait desservir une à deux fois par mois les principaux ports d’Afrique de l’Ouest. Il appartient aux entreprises économiques d’assurer le frêt régulier nécessaire pour assurer la rentabilité des rotations de nos bateaux, si jamais ils font l’affaire car ils ont vieilli.
Les organisations professionnelles : UTICA, CONECT et TABC auraient avantage à coordonner leurs activités pour éviter un double emploi et donc une concurrence sur certains marchés alors que sur un autre marché africain voisin de notre pays brille par son absence !
L’activité du CEPEX est à renforcer et à jumeler avec celle de la COTUNACE pour la garantie et le financement des exportations méritent d’être développées avec implantation de plusieurs bureaux, soit un bureau par pays et être correctement dotés en ressources humaines pour être efficaces dans l’orientation et le soutien des entreprises tunisiennes.

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13 Avr 2017

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