Hamma Hammami : « la Tunisie est encore colonisée »

Par - 20 Mar 2017

La Tunisie célèbre, ce lundi 20 mars 2017, le 61ème anniversaire de son indépendance. Selon Hamma Hammami, porte-parole du Front Populaire (FP), malgré cette célébration, le pays est encore colonisé. Intervenant dans Midi Show de ce lundi 20 mars, le frontiste affirme que la Tunisie vit sous le poids de la colonisation du surendettement croissant.
« On ne peut nier le militantisme des tunisiens qui a permis de repousser la colonisation. Néanmoins, la Tunisie est incapable de garantir sa totale indépendance à cause de la mauvaise gestion, ayant conduit à l’enracinement de la corruption et de la pauvreté », a-t-il déclaré.
Revenant sur la question du surendettement, le porte-parole du FP a noté que les gouvernements successifs ont été incapables de mettre en place une politique économique capable de répondre aux besoins du pays. « L’endettement n’est pas orienté vers l’investissement, mais plutôt vers la consommation », a-t-il souligné.

« Le gouvernement refuse de lutter contre la contrebande »
D’autre part, fidèle à la tradition, Hamma Hammami a critiqué le Chef du gouvernement Youssef Chahed, se demandant ce que ce dernier a apporté à la Tunisie. « Qu’a-t-il apporté, hormis les directives du Fonds Monétaire Internationale (FMI) ? », a-t-il lancé, ajoutant que le FP a présenté plusieurs propositions, parmi lesquelles figure le gel de la dette extérieure pendant trois ans. Le frontiste considère, par ailleurs, que le gouvernement d’union nationale refuse de lutter contre la contrebande. « Si les politiciens et leurs partis n’entretenaient pas de relations avec les contrebandiers, la lutte contre ce phénomène aurait été engagée », a-t-il encore ajouté.
Interrogé, d’un autre côté, sur le contrat de la Dignité, Hamma Hammami considère qu’il s’agit d’une erreur. « Une mesure temporaire. L’État aurait dû encourager l’investissement dans les secteurs clés, à l’instar de l’agriculture et de l’industrie », a-t-il expliqué.
Concernant la privatisation des banques publiques, le frontiste estime qu’il s’agit d’une atteinte à la souveraineté de la Tunisie. « Cela va ouvrir la porte à la corruption. Ce phénomène touche la majorité des transactions publiques. Il est essentiel d’assurer l’indépendance des instances de contrôle et leur fournir les moyens nécessaires pour faire leur travail. La Justice, pour sa part, devrait pouvoir s’occuper de ces dossiers de corruption sans subir de pression », a encore déclaré le porte-parole du FP.

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